21.10.24
- Vincent Francey

Une vache, un serpent vert, un silo, une serre, un hangar (le grand), un petit bout de forêt, voilà le paysage derrière la fenêtre. Je m’en sépare, reste cloîtré dans ma bibliothèque parce qu’il se peut bien que la vache se mette à beugler, qu’un tracteur débarque en pétaradant et que ce longiligne serpent vert me crache son venin aqueux à la figure à la moindre tentative d’ouverture de fenêtre. Cette vache, ce silo, cette serre sont mon décor ordinaire, celui qu’en tournant la tête je revois quand j’écris, le même serpent, la même serre, peut-être une autre vache. L’envers de ce décor, ce sont mes livres, les grands anciens et le petits nouveaux, ces étagères qui me séparent du réel avec plus d’efficacité encore que cette fenêtre qu’il me suffirait d’ouvrir. Je prend un livre au hasard et me voilà dans un monde sans vaches, sans hangars, sans le moindre petit bout de forêt, ou me voilà peut-être au cœur de la forêt à chasser le chevreuil, puisque c’est la saison et que je dois bien avoir un bouquin qui raconte cela, je ne sais pas lequel, mais il y a de tout dans les livres, pas seulement ces sempiternels bovins et ce tuyau d’arrosage qui bien sûr n’est pas un serpent parce que le réel est ennuyeux.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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