22.09.24
- Vincent Francey

Le ciel se cache derrière la fenêtre fermée. Je reste dans l’ombre. Il faudrait sortir, prendre l’air, profiter du beau temps, mais je reste dedans, assis sur mon fauteuil, vautré dans mon confort, et je regarde le monde séparé de lui par un double vitrage. Pourtant, les verts sont intenses, la nature est à deux pas, il suffirait que je me lève. Pourquoi ne le fais-je pas ? J’ai sans doute une raison, une excuse, une obligation, un truc bidon à me raconter pour soulager ma culpabilité de rester planté à l’intérieur de ce grand appartement noir. Je suis casanier. J’aime me sentir à l’abri, protégé par des murs épais. Le monde est une jungle qu’il faut éviter le plus possible en se calfeutrant. Pour vivre heureux, vivons cachés, me disait ma grand-mère, qui pourtant passait sa vie au jardin. Je ne jardine pas. Mes plantes vertes crevotent. Mes tomates crament quand elles ne se noient pas. Le citrus est mort. Je reste donc dedans, à crevoter moi aussi, à me noyer, à mourir à petit feu doux. Le ciel bleu est pourtant attirant. Je cèderai bientôt à l’appel du grand air. J’irai me promener. J’admirerai les arbres qui commencent à rougir, les fleurs qui résistent à l’automne et avec un peu de chance un renard ou un écureuil.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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