23.09.24
- Vincent Francey

L’anniversaire touche à sa fin. Les animaux se sont rassemblés. Ils sourient encore mais avec circonspection. C’est bon, on peut y aller ? La porte est ouverte, vous n’avez qu’à en franchir le seuil et la fête sera terminée. Ils hésitent. Moi aussi. Je leur demande conseil. Ils me répondent que les ballons ne sont pas encore dégonflés mais que la nappe est remplie de taches de vin rouge. On navigue quelque part entre la fin du dîner et le début du souper. Les enfants commencent à pleurer quand la petite pique le cadeau que le petit a reçu et qu’il la tape. Les adultes, un peu pompettes, laissent faire mais se disent qu’ils sont fatigués (les enfants, pas les adultes, qui font tout pour sauver la face après la vieille prune et le whisky) et que demain on bosse, que les enfants vont à l’école ou à la crèche ou chez grand-maman, mais c’est l’anniversaire du petit, alors on est souple, tant pis si on rentre un peu plus tard et d’ailleurs qui est-ce qui conduit ? J’observe les enfants, j’observe les parents, je les envie un peu, puis des cris de furie me rassurent. Voilà ce à quoi j’ai échappé. Les animaux, sur la table, n’ont pas bougé. Ils continuent impertubablement à sourire. Ils finiront demain à la poubelle.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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