23.05.24
- Vincent Francey

Les chaussures roses de la dame assise sur le banc attirent mon regard et cette tache au sol aussi. Une jambe, un sac à dos, demi-silhouette cachée derrière la colonne. Des gens attendent le train sur d’autres quais. La lumière file dans les reflets. J’attends. Comme tout le monde ici, j’attends un train qui partira bientôt. Ils attendront plus longtemps que moi, resteront penchés sur leur reflet miniaturisé, ne sauront jamais que cet homme assis dans le train d’à côté, quai numéro cinq, a remarqué le rose de leurs chaussures ou le vert de leur sac à dos. La demi-silhouette est sans doute une femme. Du moins, je me plais à l’imaginer femme. Les chaussures aussi. Les autres gens aussi. La gare de Fribourg n'admet désormais plus que des femmes. Les hommes sont priés d’entrer dans les trains qui, eux, n’admettent que des hommes, cela jusqu’à la fin des travaux, soit pour une durée indéterminée et interminable. Les hommes dans les trains pourront fantasmer tant qu’ils veulent à propos des femmes sur les quais mais celle-ci resteront en sécurité, les portes des wagons ayant été hermétiquement closes afin d’éviter tout débordement. Quant à la tache au sol, nos robots l’effaceront.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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