23.07.24
- Vincent Francey

Ils regardent : un paysage flou au-dessus de l’écran, des toits, des fenêtres, des arbres. J’écris : des souvenirs d’enfance, images qui renaissent de leurs cendres dans le bidon métallique parce qu’on a oublié d’y verser un peu d’eau pour éviter que ça flambe. La grand-mère, les soirs où la porte est à peine ouverte, est assise sur le vieux fauteuil du salon. Elle ne tarde pas à ronfler. À la page suivante, il sera question du grand-père qui change de chaîne, qui regarde la boxe commentée par Bertrand Duboux, et de nous qui regardons aussi, et je me demande si Duboux est encore de ce monde ou s’il a rejoint mes grands-parents, lui qui mettait tant de passion à encourager les cyclistes suisses qui peinaient à franchir la ligne d’arrivée. Je me souviens de cette victoire à l’arrachée de Pascal Richard. Il faudrait le pousser, hurlait le commentateur. Mais ce n’est pas ce que j’ai écrit à la page 30. J’ai sans doute (je pourrais retrouver le fichier mais à quoi bon ?) évoqué les shorts des boxeurs, l’éponge qu’on leur passe sur la figure entre deux rounds, l’espoir que cela se termine en k.-o. et la crainte que marraine se réveille et que, choquée devant ces corps presque nus, elle éteigne la télé.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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