22.07.24
- Vincent Francey

Je pourrais passer ma vie à regarder le ciel, à condition bien sûr qu’il ne pleuve pas, qu’il ne fasse ni trop chaud ni trop froid et que le vent souffle raisonnablement, c’est-à-dire assez vite pour qu’on puisse voir les nuages danser les uns avec les autres en laissant apparaître par moment des trouées d’azur. Ma terrasse est un théâtre dont je ne me lasse pas. Si le ciel se calme, je jette un œil vers la terre, vers le jardin, le marronnier, le bassin de la voisine qui sort fumer sa cigarette, le drapeau du voisin qui tond son gazon torse nu, les balcons des immeubles où apparaissent à chaque fois de nouvelles têtes, l’horizon sur Montagny-la-Ville, l’EMS où je finirai mes jours, la maison des grands-parents, jadis, la porte de la grange que grand-maman ouvrait tous les matins pour en libérer le soleil, et me revoilà les yeux au ciel, même si le soleil est passé de l’autre côté de la maison et qu’il paraît que grand-maman est au ciel. J’essaie de l’y retrouver dans la forme d’un nuage, mais ça n’arrête pas de bouger, ça ne tient pas en place. Il faut rentrer, dit-elle à parrain, qui se cache derrière un nuage plus espiègle que les autres et qui n’est pas pressé de quitter la fête. Je l’entends parfois chanter en patois.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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