25.03.24
- Vincent Francey

Je saute à la corde. L’arbitre est descendu de sa chaise pour observer comment je me suis pris les pieds dans la corde. Les machines attendent, parquées dans le grand hangar, que quelqu’un se décide à couper des arbres ou à préparer la terre pour les semis. J’ignore le nom de ces machines, je ne peux pas tout faire à la fois, pour l’instant je me concentre sur la corde qui tourne, je saute, je donne un coup sec de poignet, je saute, poignet, je saute, un pied, l’autre pied, je saute, poignet, pied, saut, pied, poignet, je m’emberlificote les guiboles et les machines se foutent de ma poire, elles qui pourtant sont incapables du moindre mouvement sans être tractées ou sans que des experts leur manipulent les manettes. Je ne désespère pas. Je saute, poignet, je saute, poignet, pied un, pied deux, saut, poignet, je me prends la corde dans les cuisses. Silence chez les machines. Elles n’osent plus rien dire. Je regarde le chronomètre. Il faut tenir encore cinq minutes trente-deux, trente-et-un, trente, saut, poignet, pied, saut, poignet, pied, je commence à sentir la crampe monter dans le mollet mais je m’acharne, je veux leur montrer, à ces machines, que moi aussi, je suis performant.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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