26.01.24
- Francey Vincent

C’est pourtant bien loin de la plage que je m’exerce, et les rythmes syncopés, à nu, sans la percussion, deviennent aléatoires sous mes doigts gourds. Je suis en train de tomber malade et cette illusion brésilienne n’y changera rien. Il ne s’agit que d’un Copacabana de pacotille chanté par un crooner à chapeau, une fantasmagorie vaguement érotique où le Brésil, vu de New York, semble un pur divertissemnt pour vieux voyeurs blancs que la moindre Lola basanée émoustille, mais je dois travailler cette montée de doubles croches avant C et c’est précisément cela que je ne parviens pas à faire : avancer. Les doigts se trompent de clés, ils s’attardent trop sur une note, en oublient une autre, continuent de monter quand il faut redescendre sur un ré, négligent le crescendo puis ne tiennent pas la noire pointée assez longtemps, réessaient, la tiennent trop longtemps, recommencent, jusqu’à ce que ça correspondent plus ou moins à ce qui est écrit sur la partition, même si le sol, si facile à faire puisqu’aucun doigt ne bouche le moindre trou, est fatalement trop haut et qu’il faut le tenir sur plusieurs mesures. La plage ? Il n’en reste que cette vague dessinée tout en haut.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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