Carnet novembre 2024
- Francey Vincent
30.11.24
Faire écrire des poèmes à l'IA, lui en faire lire, pour la décoincer un peu. #libre
Noir : couleur d'un vendredi triste. #mot
28.11.24
Agrama : foire aux machines agricoles, farandole de fustes à purin ; deux jeunes mécanos, dans le train, boivent du rosé dans des verres en verre. Il est huit heures du matin, un jour d'Agrama. #mot
Sentir le décalage, le partager, croire comprendre l'autre, puis des histoires de diamants qui te gavent. #libre
27.11.24
Son camp (du verbe camper, né de Molière) (pas de feu de camp) (rien de scout) (ou tout). #son
26.11.24
Son de saxo pour voiler la grisaille. #son
24.11.24
Hier soir, le Petit Prince, si mièvre le gentil Saint-Ex, si bisounours, si Candide (écrit en 1943) (dans un désert sans rose) (et les moutons continuent d'être bouffés par les serpents). #coup de gueule
23.11.24
C'est étrange, tous ces gens qui t'écrivent le jour de ton anniversaire et que tu ne vois jamais, quand les autres, ceux qui comptent, ne t'écrivent pas (tu les vois demain, ou lundi). #libre
22.11.24
Les voitures en rade dans la neige. Il faut cinq heures pour rentrer chez eux. Ils se pleignent, oublient que le problème, c'est eux, les gens qui s'accrochent à la voiture. #fait
J'en entendu leur silence. #entendu
Un seul mot, le mot seul (terreur du chiasme). #mot
La grotte, c'est en soi qu'on la creuse. #Grottes
18.11.24
Économiser sa salive pour chanter (à la guitare, quelqu'un joue l'Ave Maria) (hier, c'était Noël) (dans les voix). #libre
17.11.24
Corps de novembre a sommeil, se recroqueville, s'allonge, se distancie des autres corps. #corps
Obscure, mot d'ombre que dévoile l'oxymore (clarté noire des soleils froids). #mot
Ils s'acharnent à bâtir des autoroutes, comme si demain le monde... (ne pas leur dire que demain, ce n'a plus de sens, que s'il s'acharnent il n'y aura pas demain). #coup de gueule
15.11.24
Certains mots envahissent le cerveau, le rendent brumeux, bête et méchant (je pense au mot caca qu'en américain on traduit Trump). #mot
13.11.24
Ils rient de tout mais n'auront plus de larmes pour pleurer quand il comprendront qu'il n'y avait pas de quoi rire. #coup de gueule
Au premier rang, elles ricanent : "la physique expérimentale, c'est un baiser." Elle sont si candides. #entendu
9.11.24
Que faire de sa liberté quand on se sent impuissant à changer le monde ? #libre
Écrire en rouge saxophone avec à côté du plastique noir et du vert et aussi le mot "piscine" (on ira peut-être demain). #détail
8.11.24
Donald Trump est élu (c'est un tait) (qu'écrire de plus ?) (comment ont-ils pu ?) #fait
6.11.24
Ainsi donc, Trump. Sidération attendue. Peur. On reste là, impuissant. On attend. On espère se tromper. #libre
Rien entendu. Il y a huit ans, lors de sa première élection, mes élèves étaient effarés. Aujourd'hui ? Rien entendu. #entendu
5.11.24
On est retourné sur les lieux. J'ai pris des photos. On a trouvé des cailloux peints Galets Romandie qui polluent nos forêts, mais on n'est pas à ça près, en matière de pollution. #Grottes
Sport : on s'acharne. Puis on voit les musculeux. On s'interroge : moi, dans un corps comme ça, ça changerait quoi ? #corps
2.11.24
Les arbres dans le brouillard et cette musique, Love Song, Max Richter. Les feuilles tombent, et nos amours, faut-il... du brouillard dans les arbres (ce sont des pommiers qu'on a secoués, essorés, dégorgés) (nos amours aussi, secouées, essorées, égorgées) (une lettre vous manque et tout est décapité). #détail
Il ressasse : "Win, win, win, win, win, win." (la figure, apprends, c'est l'épanalepse) (et l'auteur, je l'espère, se trompe) (à force de répéter des mots, on fait croire qu'ils sont disent vrai) (l'auteur, c'est Donald Trump). #entendu
Faire taire les bruits du monde (bruits de bottes) (une voix dans la nuit) (ne pas savoir qui d'elle ou de lui) (préférer la fiction à la réalité). #son
1.11.24
Sur mon vélo (non, sur le vélo de papa) au Grabou, j'entends sonner les cloches de la Toussaint. Je suis tout de noir vêtu et pense à lui. Es-ce cela une prière ? #fait
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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