26.03.24
- Vincent Francey

Le stylo posé sur la synthèse pour ne pas perdre la page, je m’arrête un instant dans ma lecture. De quoi ça pouvait bien parler ? Les liqueurs, c’était terminé, mais il restait peut-être le poulet végétal, les bonbons au vin ou la chambre à brouillard. Je lisais, je soulignais, je cherchais les questions à poser, puis je m’arrêtais un instant, fixant l’écran noir et les piles de cahiers. Je suis, un an plus tard, assis au même endroit, mais il n’y a plus d’écran noir. La règle en bois a reculé de vingt centimètres, la gomme de dix et la lampe a disparu. Par terre, il y a quelques fils en moins. Le bois de la paroi n’a pas bougé. Le livre bleu, celui sur ces quelques jours passés à Paris, est remplacé par les billets pour le prochain séjour dans la même ville, un billet pour la philharmonie, Brahms, Richard Strauss, Sibelius et un autre pour Le bourgeois gentilhomme au Lucernaire, sous lesquels des dessins de chats qui ressemblent à des rats m’incitent à m’appliquer un peu plus dans mes griffouillages. Le taille-crayon s’est cassé, les agrafes sont épuisées. Mon bureau change comme ma vie, insensiblement : une boîte de punaises à la place d’un marque-page, ça fait une année qui s’envole.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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