Blog suisse de littérature

26.05.24

  • Vincent Francey

Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants. Leur mariage dans une petite église pittoresque sous un soleil radieux présageait du moins le meilleur. J’avais attendu sous le porche, la clarinette prête à être brandie en compagnie d’instruments plus clinquants. Cela s’était passé vite. L’apéro était prometteur. La foule cherchait l’ombre et les verrines. Il y avait là des musiciens, des cyclistes, des institutrices et des Suisses allemands. Nous étions pile à la frontière des langues, non loin d’un lac au nom râpeux, dans un village qui s’appelle Barberêche. L’euphonium et la flûte convolaient. Je cherchais à qui appareiller ma clarinette, étais tenté par une robe verte et des épaules nues mais préférai provisoirement un verre de blanc, un canapé au saumon, une maison à colombages à admirer. Les mariages ont tendance à me rendre mélancolique, vieille habitude de célibataire forcé à toujours être heureux pour les autres. La robe verte ? Comme je ne suis pas invité au souper, c’est un peu knapp. Ainsi donc, me disais-je, le professeur von Tsaubi a trouvé chaussure à son pied et est parvenu un instant à décliper ce pied de son vélo. Félicitations, ajoutais-je, vaguement jaloux.


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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.

Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.