27.05.24
- Vincent Francey

La page se clôt sur l’émerveillement, qui retombe un peu. D’où vient-il, cet émerveillement ? Le ciel flou, la terrasse, la chaise longue, la lecture qui me fait séjourner sans bouger de chez moi à Lisbonne au dix-septième siècle. Je lis Cervantès la tête dans les nuages. On ne peut le lire autrement, tant il nous dépayse, nous emmenant comme en tapis volant aux fêtes de Policarpo où lui-même se couronne vainqueur sur une île dont le gouverneur, même si ce n’est pas le même roman, se prénomme Sancho, à moins que ce ne soit Antonio ou Alberto ou Rutilio, on ne sait jamais qui est qui, ça se mélange dans ma tête comme ces nuages de plus en plus flous qui menacent de pleuvoir sur l’évasion que la lecture me procure. Ce roman baroque m’étourdit : je me croyais à Lisbonne mais c’est déjà la Castille, alors qu’il y a quelques pages encore on naviguait quelque part dans le Grand Nord sur des mers barbares où ces mêmes personnages dont j’ai oublié les noms portaient d’autres noms encore, tant et si bien que le livre me tombera bientôt des mains et qu’ainsi les nuages redeviendront nets et prendront la décision eux aussi de voyager vers Lisbonne ou la Castille ou l’îles des Ermites.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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