27.09.24
- Vincent Francey

Il faut placer les doigts au bon endroit, selon la position qu’imposent ces lettres et ces chiffres et en même temps il faut chanter les bonnes paroles avec la bonne mélodie. Je tente : comment ça va, déjà ? Les chansons de Prévert, ça ne me revient pas, de tous les verres, laine (le jeu de mots n’est pas folichon), tous les morts y sonnent (sa tombe au Père-Lachaise, lieu damné où des messes noires la nuit ont forcé la fermeture stricte du cimetière), ça ne sonne pas, l’accord de ré septième ripe sur Nico mais il faut déjà passer à mi mineur, traverser la Seine mais en passant sur quel pont, ce n'est pas précisé, le Pont des Arts, ça me plairait bien, ou le Pont Mirabeau, ça mélancoliserait ça de plus ma chanson, mais il s’agit bien du Pont des Arts, j’y ai croisé Jane et Serge qui furent opiniâtres à ne pas mourir mais qui pourtant moururent. Au cimetière Montparnasse, sur la tombe de Gainsbarre, c’est bourré de tickets de métro et de mégots, mais Jane, où est-elle passé, je l’ignore, j’essaie de retrouver le fil de ma chanson mais j’en ai oublié la mélodie. Souchon chante trop haut pour moi et Juliette Gréco trop bas depuis qu’elle s’est échappée des bras trompettueux de Miles Davis.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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