27.11.24
- Vincent Francey

L’IA comprend mieux Rimbaud que moi. Elle ne se torture pas l’esprit pour y chercher des symboles profonds comme des tombeaux. Elle ne le confond pas avec Baudelaire. Elle ne fait que représenter les mots qu’elle a lus, si tant est qu’on puisse affirmer qu’une IA lit, question qui dépasse ma compétence et que je vais donc poser à l’IA elle-même, qui noie le poisson sous les ponts de Rimbaud en me déclarant que cela dépend ce que l’on entend par lire. L’IA reconnaît les signes écrits, m’écrit-elle ; elle sait lire littéralement un texte, peut partiellement en comprendre le sens, si tant est qu’on s’entende sur ce que signifient comprendre et sens, mais elle reste, m’avoue-t-elle, très limitée pour comprendre les intentions humaines, la nuance et l’ironie. Elle me pond donc ce joli dessin que je serais incapable de réaliser mais n’a rien ressenti en lisant qu’un rayon blanc, tombant du haut du ciel, anéantit cette comédie. Elle n’a pas versé de larme ni esquissé de sourire. Mais moi non plus, il faut que je l’admette, n’ai pas été bouleversé par ce que j’ai lu, et Rimbaud me résiste, reste pour moi un mystère. La différence avec l’IA, c’est que moi, sentir Rimbaud m’échapper me mine.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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