29.02.24
- Vincent Francey

Je me peigne avec une lavette. Mon crâne lisse s’est débarrassé de la grisaille des cheveux. Ne demeurent que les sourcils, les lunettes, les oreilles. L’homme dans le miroir, est-ce moi ? Il se concentre pour prendre une photo pas trop moche de lui-même, une photo où le visage n’est pas caché par l’appareil-photo, une photo sérieuse d’homme qui se lave, use savons et serviettes, un homme propre sur lui qui n’a pas trop à se plaindre de son physique, même si les bras trop maigres, le petit bidon, l’air revêche, un pli malséant sur le t-shirt, que sais-je, il y a toujours un détail qui coince, une critique qu’il se fait à lui-même, ce qui prouve qu’en effet, cet homme dans le miroir, cet homme sur la photo, cet homme sur l’écran, c’est bien moi, et c’est mon double, mon fantôme, mais ne pourrait-on les améliorer par rapport aux vrais gens, les doubles et les fantômes, rendre leurs épaules plus carrées et leur nez plus mutin ? Miroir, mon beau miroir, ne me dis rien, je sais que je suis qui je suis et quand me je regarde, disait l’autre, je me désole, quand je me compare, je me console, mais quand c’est avec moi-même que je me compare, que faire ? Fidèle à moi-même, je me déconsole.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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