29.10.24
- Vincent Francey

Ce petit livre que je tiens dans la main me faisait de l’œil dans sa cabine : tranche dorée, signet rouge, papier bible, presque une Pléiade. Le nom de l’autrice aussi me faisait de l’œil : Brontë. J’avais lu sa sœur, Emily, m’étais cogné à Hurlevent, mais Anne, je ne connaissais pas trop. Il y avait, dans la vieille bibliothèque des toilettes, Jane Eyre, mais c’est de la troisième sœur, je crois, Charlotte, même si j’ignore tout de l’ordre de la fratrie qu’on devrait appeler sororie, Emily, Charlotte, Anne, Anne, Emily, Charlotte, Charlotte, Anne, Emily, peu importe, je suis entré dans le manoir de la dame de Willfell Hall avec passion, m’emportant avec elle contre les ignominies de son cruel mari, tombant avec le narrateur amoureux d’elle, me sentant moi-même devenir noble dame dans l’Angleterre puritaine de ce dix-neuvième siècle victorien qu’on peint en général avec tant de lustre et qui devient, chez les Brontë (l’ordre correct, c’est Charlotte, Emily et Anne, elles avaient un frère qui s’appelait Branwell), un enfer, en particulier pour les femmes qui se racontent qu’elles n’ont nul besoin qu’on les adore mais que les hommes, baignant dans le brandy et la fumée des cigares, méprisent et abandonnent.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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