29.11.24
- Vincent Francey

Le livre sur mes genoux risque à tout instant de chuter. C’est un livre qui pèse, une Pléiade sérieuse qui cherche à s’encanailler. Albert Camus n’est pas un auteur comique et quand il tente de l’être les chutes laissent désirer. Je lis La Chute et je ne ris pas. J’admirais ceux qui se livraient à cet héroïsme des profondeurs, mais ne pouvais les imiter. J’admire la prose de Camus, sa haute tenue, sa rhétorique toujours impeccable, ses phrases définitives, mais je ne peux l’aimer tout à fait, du moins dans La Chute, qui me tombe un peu des mains, il faut l’avouer. Qu’est-ce que me déçoit chez Camus ? Cette odeur de philosophie, sans doute, partout, toujours, sauf dans quelques pages de L’Étranger. C’est bien écrit, à n’en pas douter, trop bien écrit : Nous autres, enfants du demi-siècle, n’avons pas besoin de dessin pour imaginer ces sortes d’endroit. Il vient d’évoquer un camp où l’on souffrait de soif et de dénuement plus que de mauvais traitements. Qu’a-t-il besoin d’ajouter des commentaires ? Je suis peut-être trop sévère et je dois avouer que de La Chute je n’ai pas retenu grand-chose, mais l’œuvre de Camus me semble grande dans sa pensée mais datée dans son écriture.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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