30.11.24
- Vincent Francey

Miroir, mon beau miroir, dis-moi si je suis. Tu es. Nous sommes ? Je ne suis pas. Qui est ? Tu es, je ne suis pas, donc nous ne sommes pas. La langue du miroir me demeure indéchiffrable. J’y suis prisonnier, silencieux, regardant fièrement un ciel que cache le plafond de la salle de bain. Un aigle s’envole sur mon torse. Je pose comme si j’étais un superhéros mais personne n’est dupe, surtout pas le miroir qui me chante du Brel, entre mes bras trop maigres. J’ai toujours eu un complexe des bras comme d’autres l’ont pour les chevilles ou pour le ventre, et le miroir semble me murmurer au suivant, mais il se désespère parce que l’homme devant le miroir c’est toujours moi, jamais un autre, presque jamais, jamais une autre, toujours ce faux superman qui se rase la tête pour faire comme si la calvitie était volontaire, parce qu’il n’y a pas que les bras qui me frustrent, il y a aussi la tête, alouette, et à peu près tout le reste. Comme tout le monde. Le miroir m’a interrompu dans mes jérémiades. Je lui demande de préciser. Devant moi, tout le monde se plaint mais personne ne se rend compte à quel point c’est pire d’être miroir qu’humain. Pourquoi ? Le miroir vide n’a rien à ajouter.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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