30.03.24
- Vincent Francey

Je m’acharne, les doigts souffrent, l’accord de la sonnera bientôt presque juste. Il faut, est-il écrit, presser fortement sur les cordes mais seulement sur les cordes qui doivent être pressée, sinon ça vibre de travers ou ça ne vibre pas du tout. Au début (mais le début dure), prétendent-ils, ça fera un peu mal (mais un peu est un euphémisme), puis on formera des cals. Je m’acharne mais sans doute pas assez pour former des cals. Le bout des doigts reste mou, charnu, faible. Je me rêve vache, avec de la corne, des sabots, ou griffu comme un aigle mais mes doigts d’intellectuel paresseux me permettent tout juste de faire péniblement se succéder deux ou trois accords, ré pour commencer, au rez-de-chaussé, puis la, dans mon H.L.M., puis G (en français, c’est quoi déjà ? si ?), il se refait l’Indochine dans sa petite vie de peigne-cul, mais moi je suis au premier, je ne cogne sur personne et ne suis pas non plus un jeune cadre dynamique, c’est vous dire si je ne suis pas aussi triste que la souffrance de mes doigts le laisse entendre, car ces accords, certes basiques, je ne les trouve pas si faux que ça. Il faudrait monter au deuxième, il y a tout de le temps de musique, c’est vous dire si c’est cool.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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