3.07.24
- Vincent Francey

Je descends au village pour y faire quelques courses au Denner, regarder s’il n’y a pas une pépite dans la cabine à bouquins et pourquoi pas boire un jus chez Bribri. La tentation est grande de traverser en dehors des clous et de marcher tout droit sans égard pour les lignes jaunes. Cependant, j’obéis aux injonctions du sol, qui a la délicatesse de laisser se glisser de la verdure dans les jointures du trottoir. Levant les yeux vers le ciel, je me demande s’il va pleuvoir, mais ces nuages ne semblent pas particulièrement menaçants. Il n’est pas nécessaire de me dépêcher. Je peux flâner en route, zyeuter les balcons de l’immeuble pour y chercher quelque dame avenante puis regarder les enfants s’amuser chez Curty, même si ça fait des décennies que plus personne ne s’appelle Curty dans cette maison, ni même Charly. Quand j’étais petit déjà, ce n’était plus chez Curty, à moins que cela n'appartienne encore aux descendants d’Odette, à ses neveux pleins de ronds qui traficotent du côté de Genève et qui de temps à autre montent au village visiter leurs pauvres, mais je ferais mieux d’avancer : il ne va certes pas pleuvoir mais il serait bien que j’arrive chez Denner avant la fermeture.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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