31.07.24
- Vincent Francey

Me lasserai-je un jour de cette eau turquoise, de ces pierres, de ce pommier touffu, de ce ciel ? L’eau peut certes changer de couleur, aller du vert au bleu, en passant par le rouge et le brun, mais tant que le filtre n’est pas définitivement bouché, il n’y a rien à craindre : le propriétaire veille au grain. Les pierres ne bougeront pas avant le prochain tremblement de terre, qui n’est pas prévu pour demain ni pour après-demain. Le pommier mourra-t-il quand les voisins commenceront les travaux ? On fera opposition. Et le ciel parfois se couvre de nuages noirs ou de sable saharien mais il reste le ciel et tout ciel est intéressant à regarder, même les jours de brouillard, fréquents dans nos contrées. Je n’ai donc pas de souci à me faire. Si je me lasse, je ne pourrai m’en prendre qu’à moi-même. C’est que je serai devenu un vieux con incapable de m’émerveiller, une loque revenue de tout, un légume bon pour le ruclon. Cette eau turquoise, il est tentant de la brouiller un peu et d’éclabousser ces pierres trop sagement alignées. Je ne sauterai pas assez fort pour ébranler le pommier et le ciel mais pour éviter l’ennui, la meilleure solution, c’est encore de ruer dans les brancards et de foutre tout cul par-dessus tête.
Comments and Responses
A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
Be the First to Comment