31.10.24
- Vincent Francey

Le pauvre citrus n’y survivra pas. Je n’aurais pas dû laisser un arbrisseau d’été affronter le brouillard et les frimas qui cachent l’horizon. On entre dans ce moment de l’année où l’on ne se rend plus guère sur la terrasse. D’ailleurs, qu’est-ce que je fous là ? Je ne fume pas et n’ai pas un goût particulier pour le fait de me les cailler en admirant l’alignement des balles rondes devant la haie de la maison du voisin qui a cessé depuis bien longtemps de tondre son gazon torse nu. Je suis pourtant là et ce n’est pas pour rentrer le citrus qui se trouve toujours au même endroit mais qui se résume désormais à un tronc mangé de mauvaises herbes. Je n’ai pas non plus besoin d’arroser les plantes ni de mettre à l’abri quelque objet précieux resté dehors par inadvertance. Il ne pleut pas. Peut-être même fait-il grand beau quelques centaines de mètres plus haut. L’automne, dans la Broye, est un appel au voyage. Pas besoin de fuir loin, il suffit parfois de monter à Fribourg ou à Bulle et le sourire revient. Pourtant, je suis là, sur ma terrasse dans la peuf, et je ne fais rien d’autre qu’observer ce qui reste visible, c’est-à-dire peu de choses, deux chaises, une barrière, deux voitures de même marque.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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