Blog suisse de littérature

4.02.24

  • Vincent Francey

Je rate ma photo face à la pièce ratée. Le théâtre sombre dans le rose alcoolisé d’un couple rassi, raciste, vulgairement comique, mais d’un comique qui ne fait pas rire. Je ne ris pas. Irène, que je croise avant le massacre, m’en parle à chaque fois que je la vois : j’espère que ce ne sera pas aussi horrible que ce soir-là. J’acquiesce. Le public sombre suit les titubements d’un homme et les dandinements d'une femme, assiste au naufrage d’un amour qui n’a d’amour que le nom, et le célibataire en moi jubile. Si c’est ça, vivre à deux, mieux vaut rester seul (mal accompagné, on connaît la chanson, on n'y croit pas vraiment, mais on la fredonne, pour se rassurer). Sur la scène, elle l’attend. Elle reste à la maison. J’aurais mieux fait aussi. Irène aussi. Mais c’est sa sœur qui lui a payé le billet, pour Noël, alors elle reste, elle attend, comme la dame en training qui se fait une joie d’engueuler le beauf qui se soûle, se bat, se morfond dans la haine, quand il rentre détruit chez sa femme, mais à quoi bon raconter cette histoire qui ne m’intéresse pas. Une règle désormais, au théâtre : fuir les histoires de couples. En vrai, s’en méfier, mais ce truc-là, on se dit que ça ressemble pas à la vraie vie, pas à la mienne.


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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.

Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.