4.03.24
- Vincent Francey

Globule sent le printemps. J’appuie sur l’accélérateur, mode sport, histoire d’affronter dans les meilleures conditions cette montée vers les arbres dont on commence à espérer qu’ils bourgeonnent, même si les piquets à neige, dont on se demande à quoi ils peuvent encore servir, sont encore plantés sur le bord de la route. Je monte à soixante, presqu’à septante, c’est tout ce qu’elle a dans le ventre, ma Globule, mais ça me suffit, j’ai le temps, je sors de la piscine le corps en briques mais content, il fait beau, il fera bientôt chaud, déjà quelques fleurs se laissent deviner dans les prés qui redeviennent verts. J’accélère encore un tout tout petit peu, frôle les septante-cinq kilomètres à l’heure, laisse derrière moi la caserne et m’apprête à m’envoler. Globule, quand elle est en forme, fait des bruits de navette spatiale même si c’est plus à un télécabine qu’elle ressemble, ma très chère petite Microlino rouge vif qui fleurit comme une rose écarlate sur ce bitume trop souvent piétiné par des SUV, des quads, des jeeps militaires, des bus postaux, des camions du lait et des tracteurs mastodontes tirant d’énormes fustes à purin. Je pèse toujours sur le champignon mais ce n’est plus la saison.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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