4.04.24
- Vincent Francey

Je vous écris, madame, par l’entremise de Gustave Flaubert. Vous ne m’avez pas envoyé le moindre de volume mais je vous lis néanmoins avec plaisir. Je vous lis, monsieur Flaubert, avec joie. Je me délecte de vos phrases. Celle-ci réjouit mon cœur de pierre (c’est le nom de votre roman, madame ?) : Quand je me couche sur l’herbe, il me semble que je suis déjà sous terre et que les pieds de salade commencent à pousser dans mon ventre. Rassurez-vous, monsieur, vous avez encore plus de dix ans à vivre et votre néant même aujourd’hui personne n’y croit. Je ne vous enverrai, cher malsain troubadour, nul voyage d’Orient, nul recueil symboliste, nulle nouvelle naturaliste. Je sais que vous détestez tout cela et que ce brave Émile Zola n’a jamais pu vous faire comprendre ce qu’il entendait par cet étrange mot, naturalisme. Hier, je tentais de l’expliquer à mes élèves, qui hochaient la tête comme des perroquets empaillés. Savez-vous, monsieur, que bientôt vous écrirez l’histoire d’un de ces volatiles et que je m’amuserai à la lire à haute voix ? Permettez-moi, sans mauvais jeu de mot, de vous en féliciter. Quant à La Fille du Capitaine, elle s’est noyée dans l’oubli.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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