4.10.24
- Vincent Francey

Je me torture à écrire des chansons. Solitude d’été, ils m’ont abandonné, mais je suis une cigale, alors je chante. L’accompagnement, ce serait un piano, quelque chose de sobre, de sombre. Je rature. Tu te sens si vidé devient Tout en toi s’est vidé. Est-ce que c’est mieux ? J’ai l’impression que oui mais je ne sais pas pourquoi. C’est le si qui me dérange. Tout en toi s’est vidé rend le vide plus vide. Ça creuse de l’intérieur sans qu’on s’en rende compte. Mais les couplets aussi, il faut les relire, soigner les détails. Tu bouquines, tu piscines, tu t’ennuies, ça me plaît bien. Transformer les substantifs en verbes, c’est un hommage discret à Jacques Brel, dont le fantôme plane sur toute chanson digne de ce nom. Mais il faut encore régler la coda. L’été est la saison de la solitude, mais l’automne, on ne se sent pas moins seul. Chez Brel, dans la chanson de l’éclusier, on cueille les pommes et les noyés. Chez moi, never a coup de téléphone. Et quand ça sonne à ma porte, il n’y a jamais personne ou il y a toujours quelqu’un, tout cela est plus absurde qu’une comédie d’Eugène Ionesco. L’hiver ? Le temps soupire, le chou transpire, le feu ronchonne. Et Brel on pense au père, noyé.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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