5.09.24
- Vincent Francey

Une tomate s’est assise sur une chaise. Elle rougit parce qu’elle a vu que je la regardais à travers la moustiquaire. Ce n’est pas très malin de sa part car je vais me faire un plaisir de la cueillir puis de la découper en morceaux puis d’alterner tomate et mozzarella sur une assiette avec un filet d’huile d’olive et du basilique, sel, poivre, servir frais, vos invités seront aux anges. Il faudrait néanmoins un peu plus qu’une tomate pour impressionner mes convives. Il me semble en distinguer une seconde mais elle me paraît un peu trop verte pour le moment. Je ne me lèverai donc pas de mon fauteuil à oreilles pour gravir les trois marches d’escalier et marcher les dix pas qui me mènent à ma terrasse, préférant attendre que la situation soit plus favorable. Je passerai le reste de la soirée tout nu devant ma fenêtre afin d’accélérer le rougissement de ce fruit qui s’obstine à rester vert. Je n’ose pas aller plus près, parce que faire rougir des légumes (la tomate est un fruit et un légume, comme ça tout le monde est content), c’est permis, mais montrer mon zizi à tout le quartier, ça risque de ne pas plaire à tout le monde et je ne tiens pas à me faire embarquer par la police pour exhibitionnisme.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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