5.11.24
- Vincent Francey

De temps en temps, je m’assieds sur ce fauteuil et je ne fais rien. Du moins, j’essaie, et ce n’est pas simple. Je triche, puisque j’écoute de la musique, des podcasts, des émissions de radio, mais je reste néanmoins assis et tente de bouger le moins possible, évitant de me saisir de cette machine du diable qu’on appelle smartphone dont le but est de nous empêcher de nous adonner à cette activité merveilleuse qui consiste à ne pas en foutre une. Pour me stimuler les yeux, je peux tourner le fauteuil vers la fenêtre et observer. Il y aura bien une voiture qui passera, un type qui viendra fumer sa clope sur le balcon, un corbeau qui se battra avec un milan royal. Je pourrais aussi ne rien faire en restant debout, mais c’est moins confortable. Je pourrais compter les nœuds dans le bois ou les plis du rideau, je pourrais réfléchir sur le sens de la vie : où vais-je, où cours-je, dans quel état j’erre ? Mais puisque je suis debout devant ou assis sur ce fauteuil, je ne vais nulle part, je ne cours pas et l’errance se limite à mon cerveau qui profite que le corps s’arrête pour s’emballer. L’étape suivante consisterait à ne rien faire non plus de ma tête, mais dans la caboche, rien à faire, ça pense sans cesse.
Comments and Responses
A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
Be the First to Comment