4.11.24
- Vincent Francey

La vitre est sale, le ciel est gris, l’immeuble vétuste. Je suis debout dans ma baignoire et j’essaie d’oublier la morosité ambiante. Le velux restera fermé. Je ferai couler l’eau un peu plus chaud, j’écouterai de la musique joyeuse que je chanterai à tue-tête, je jouerai avec la mousse comme un petit gamin, je ferai semblant que tout va bien alors que visiblement ces traces noirâtres sur la vitre, c’est de la pollution qui s’apprête, si ce n’est déjà fait, à tapisser mes poumons et à me faire crever d’un cancer ou d’une autre saloperie dans les minutes ou les années qui suivent, bref il ne faut pas se leurrer, la nuit est en train de tomber et je risque de faire de même, de glisser dans ma baignoire en tentant de m’essuyer, de me cogner la tête au bord, de faire tomber la lampe électrique dans l’eau et de chanter, plutôt que la ferme du bonheur, chalala, tibididi, comme un chanteur malheureux que l’on écoute plus, mais de toute façon, quand je chante dans ma salle de bain, ce n’est pas du Claude François et j’ai bien conscience que personne ne m’écoute et que c’est mieux comme ça, tout ce qui se passe dans la salle de bain devant rester dans la salle de bain, bien à l’abri et au chaud.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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