7.01.24
- Francey Vincent

Je multiplie les écrans de fumée. Je me tiens devant, derrière, sur et sous l’écran mais l’écran n’est qu’un couvercle qui ferme une boîte vide. Sur l’écran, je parle de fantômes. Dans l’écran, je suis un fantôme. C’est à travers les écrans qui désormais parlent les fantômes. On pose les écrans sur la table et on les fait tourner. Il y avait un livre. L’auteur, c’était Jérôme Meizoz. Il écrivait : tous les morts enfin se mêlaient aux vivants, formant une foule jamais vue en ce lieu. Une foule d’écrans marchent dans nos rues. Les suivent, aggripés, des fantômes, des zombies zigzaguant entre les voitures et panneaux publicitaires. Suis-je le dernier vivant ? Je marche sans écran, m’assieds dans le train, lis : un personnage à peau d’ours poussait des hurlements. Je relève la tête : personne ne m’a entendu. Les morts sont sourds. Ils ont dans les oreilles des greffons qui les accrochent aux écrans qui les happent. J’essaie de m’y glisser, d’y proférer les mots des autres, mais qui m’entend ? Je lis : l’œil enregistre l’onde de choc de leur avancée derrière les immeubles. Ils ne m’ont pas vu. Ils ont continué d’avancer et ils ont traversé les immeubles comme les livres traversent les écrans et s’y enferment à clé.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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