7.04.24
- Vincent Francey

Chantier de bibliothèque, suite. Je déplace les livres en cherchant une logique mais il y a toujours un bouquin qui n’entre dans aucune case et qui se retrouve sur une pile en compagnie d’autres parias. Ce Massacre des innocents, par exemple, c’est quoi ? Pas un roman, ni tout à fait un essai, encore moins de la poésie, donc le voilà posé tout seul comme étaient seuls les enfants qui mouraient jadis au Biafra et qui meurent aujourd’hui ailleurs. J’intercale des Pléiades au milieu des livres de poche, ces deux Perec par exemple, et les Zola. Je fais descendre les policiers dans les bas-fonds, place Nelson Mandela au sommet mais un étage plus haut L’Atlandide de Pierre Benoît charrie son flot de clichés exotico-misogynes tout en cachant cette série de bouquins de chez Minuit, mes Robbe-Grillet et mon Acacia avec tout près Blanchot, Sarraute, et plus bas des visages de poètes qu’on devine sur ces volumes cassants de chez Gallimard, Yves Bonnefoy, Gaston Miron, Philippe Jaccottet. Tous ces bouquins, aujourd’hui, se sont déplacés. C’est une marée, ça monte et ça descend sans qu’on s’en rende compte. Kafka a dérivé avec tous les auteurs germanophones loin vers le nord.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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