7.10.24
- Vincent Francey

Entre mon monde et le monde de ma chaise longue se dresse une fenêtre fermée puis une moustiquaire. Je suis dedans. Elle est dehors. Nous ne communiquons pas. Elle m’attend. Je ne viens pas. Il fait trop frais pour lire sur la terrasse, l’automne, même si des espoirs d’été indien m’empêchent de déjà tout ranger pour l’hiver. Quelques plants de tomates meurent à petit feu, bouffés par les mauvaises herbes. Le citrus bientôt ne sera plus qu’un tronc. La ciboulette a séché. Le jardinage n’est pas mon fort, même cantonné à trois pots qui se courent après. Il vaut mieux, disait Voltaire, cultiver son jardin, mais je ne suis pas candide au point de croire tout ce que me raconte le patriache de Ferney qui sans doute ne rempotait pas ses plantes vertes lui-même, préférant disserter dans son fauteuil à oreilles de chez Ikea à propos de tout et de rien en compagnie de la belle Émilie du Châtelet. De ma terrasse, la vue sur le Châtelet est imprenable mais Émilie n’y habite plus. Mieux vaut donc rester au chaud, bien calé dans mon fauteuil à oreilles à moi, qui, contrairement à celui du vieux philosophe, vient vraiment de chez Ikea, et m’ouvrir un bon bouquin qui dit que les châteaux ont une porte et des fenêtres.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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