8.06.24
- Vincent Francey

Un mur de verdure protège la piscine des regards indiscrets. Même l’amélanchier se fond dans le décor. J’ai beau espionner mes voisins en me faisant le plus petit possible, il n’y a rien à signaler. Personne ne lit de bande dessinée sur une chaise longue ou se baigne en tenue d’Adam ou si de telles horreurs ont lieu c’est en toute impunité, à moins que les gens des blocs en face ne sortent leurs jumelles pour mâter, ce qui serait tout à fait scandaleux, étant donné que cette piscine et cette terrasse certes ne sont pas miennes mais que j’y ai néanmoins un accès privilégié, pour ne pas dire V.I.P., et que je serais outré si des individus sans vergogne me regardaient ou pire, me photographiaient ou me filmaient en train de m’amuser dans cette piscine en compagnie de mes voisins, l’un d’entre eux me narguant en proférant coup sur coup ces paroles pour le moins offensantes, viens, petits enfants, puis viens, gamin, avant de s’en prendre à mes jambes afin de me noyer puis m’empoignant le calosse de bain pour me ouatcher, c’est-à-dire pour me soulever par l’élastique (celui du calosse, pas l’autre), un acte retors qu’il faut absolument cacher au monde.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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