9.03.24
- Vincent Francey

Si j’écris, c’est pourquoi ? Je cherche. En écrivant. La veille, j’avais vu Andromaque. Qu’avais-je à en dire ? Rien, peut-être, mais peut-on voir Andromaque sans rien en dire ? Écrire, ce n’est pas dire. C’est plus que dire. Et c’est moins. Et je lui porte enfin mon cœur à dévorer. C’est Racine qui écrit. C’est Oreste qui parle. Et moi aussi, je l’écris, faute de le dire. À qui porter mon cœur à dévorer ? J’hésite. Je procrastine. Mon cœur n’est pas encore assez rassi. Elle n’aimerait pas. Alors quoi ? Bâtir des cathédrales de mots, de tours de phrases, tourner mes phrases dans tous les sens jusqu’à ce que le cœur soit prêt à bondir vers elle ? J’écoute, écris-je, des musiques apaisantes, un Vivaldi pour avancer le printemps, un Debussy, un Poulenc, d’autres voix, d’autres mots, l’éternel blabla des bavards qui ne peuvent s’empêcher de ne dire que des banalités ou des énormités, au point que désormais les énormités en deviennent banales, que la parole ne se profère plus qu’à chaud tout en jetant un froid sur tous ceux qui se taisent et qui n’en peuvent plus d’écouter ces tyrans précipiter toujours plus la tragédie. Flux de passions morbides, poisons que le monde avale à gorge déployée.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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