9.04.24
- Vincent Francey

Le monde de la salle de bain buanderie est un monde immaculé à la blancheur irréprochable. J’y entre avec crainte. Il ne faudrait pas que je tache cette pureté d’ivoire. La lessive lave plus blanc que blanc, le séchoir sèche blanc, la lunette des toilettes blanchit le fessier que le papier blanc décrotte. Même dans le miroir, c’est du blanc, blanc des catelles, blanc du radiateur, blanc du linge, un rien bleuté, blanc du lavabo, je me lave plus blanc que blanc et même quand je tire l’eau tout est blanc. Seul le sol casse cette blancheur aveuglante, blancheur où se reflète une lumière plus blanche que le blanc de la machine à laver les aubes de premiers communiants, les toques de cuisiniers et les chemises de cols blancs, vêtements que je ne porte jamais ou que je n’ai plus portés depuis les temps reculés où je servais la messe. Sur les bords du lave-linge, deux étiquettes rouges viennent agresser mes yeux enfin habitués à l’uniformité des lieux. Il me reste à ouvrir le miroir, à m’enduire de cette mousse qui sort de la bombe en gel vert mais très vite s’imprègne de l’ambiance et devient blanche sur ma peau blanche. J’ôte de ma tête quelques cheveux blancs et brosse mes dents jamais assez blanches.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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