Blog suisse de littérature

9.09.24

  • Vincent Francey

Nous défilons en zigzaguant entre les gouttes de pluie. Comme c’est la bénichon et que le repas a été arrosé, il n’est pas difficile de déglinguer la marche au pas si sage des fanfares sobres (même si l’on n’est pas loin de l’oxymore avec une telle expression). Je dois planquer ma clarinette sous ma veste, parce que s’il est un instrument qui ne supporte pas d’être rincé, c’est bien le mien. Une trompette, une caisse claire, un euphonium, des cymbales, ça peut jouer Marignan sous le déluge, mais une clarinette, premièrement ça boycotte Marignan, deuxièmement ça gonfle et ça craque à la moindre bruine. Je suis donc sagement mes camarades en ne faisant même pas semblant de jouer. De toute façon, on arrive bientôt au prochain arrêt, où on pourra s’abriter et faire danser la jeunesse avant de boire un petit verre de vin blanc chaud que cette météo automnale rend plus supportable que par la cuite des autres années. La bénichon, c’est la fin de l’été. Souvent, c’est le début de la fin, mais cette fois, on se dit que c’est terminé, les plongeons dans la piscine, le far niente et la rigole dans le dos quand on défile avec la fanfare. Mais il faut que je me reconcentre : San Carlo, tambours au départ, marche.


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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.

Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.