8.09.24
- Vincent Francey

Ma clarinette m’attend. Elle m’appelle. Elle exige un duo, mais pour le duo de Kreutzer, qui est si joli quand il est bien joué, il faut une seconde clarinette, parce que la première voix toute seule est certes intéressante, mais si on y ajoute la deuxième voix, surtout si c’est la personne qui la joue habituellement, ça devient magnifique, si l’on fait abstraction bien sûr des fausses notes que je glisse parfois dans la partition, des variations plus ou moins volontaires de tempo et des traits techniques que j’escamote trop souvent. Dans le tas, il y a d’autres pièces qui ne sont pas des duos mais il manque toujours quelque chose quand je les joue seul, un piano qui donne les entrées avec la tête ou une fanfare dont le chef donne la pulse et s’énerve contre les basses qui jouent trop lourd ou contre les flûtes qui ne tiennent pas la note assez longtemps et qui ne sont pas fichues de garder l’intonation. Mais contre les clarinettes, le chef sait qu’il ne faut pas trop se lâcher, parce qu’elles sont trop peu nombreuses et surtout parce qu’elles ne se débrouillent pas si mal, malgré parfois des fausses notes, des variations de tempo et des traits techniques escamotés, mais toujours avec délicatesse.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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