Photogriffouille 04
Je montais.
On creusait.
Pas du montagnard.
Cri de la machine.
Au fond, l’autoroute.
Pourtant, il semble que les escaliers mènent au soleil, que les pierres, à force d’être polies par des pieds d’hommes, deviennent précieuses, éclats de lumière, clairières sous les arbres noirs.
J’en étais encore à la douceur de la marche ombragée, à l’harmonie baroque du roc et du bois. La tache aveugle, le bout du tunnel que creuse la pelleteuse mortelle, le paradis, n’assénaient pas encore la gifle du cagnard. J’ignorais alors que les sommets rêvés sont des enfers à l’envers et que la montagne, quand enfin on la vainc, bascule en stalactite céleste pour se venger du lent piétinement des hommes.
Déjà la pelleteuse a repris sa tâche obscène.
Déjà l’œil se penche sur la chaussure.
Déjà je songe que ce soir, je serai assis sur un banc, les yeux perdus dans l’eau calme et éreintée du Lac Majeur.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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