22.01.24
- Francey Vincent

Je repasse avec François. Dans sa boîte, il déclame des mots rocailleux. La passion le saisit. Je repasse. Que me raconte-t-il ? Il ne raconte rien. Il écrit. Il parle-écrit. C’est devenu ça, son écriture, parler dans la boîte avec des livres autour, parler les livres en les écrivant sans écrire. Et moi, pendant que François s’agite, je repasse. Les doigts me font un peu mal à cause de la guitare. Il faudra bientôt remettre de l’eau dans le fer. Il est important de porter des pantalons sans un pli. Repasser sans faire de pli alors que les mots qui passent et qui repassent par la bouche de François m’agitent, me secouent, provoque en moi ce léger tremblement de l’homme qui lit en repassant. Il reste encore quelques t-shirts et ce sera terminé. François se taira, épuisé d’avoir déclamé les mots des autres dans sa boîte. Je prendrai ma guitare et mes doigts déraperont quand je tenterai un H.L.M. ou un gorille. Aucun micro (peut-être est-ce de cela qu’il parle ; les micros, c’est très important quand on parle dans une boîte) ne sera branché pendant que je jouerai mais voilà que François patine, que le fer déraille, que la lumière s’éteint. Nous avons mis trop de passion à lire et à repasser. Les plombs ont pété.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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