6.02.24
- Vincent Francey

Je descends au village. C’est une descente en pente douce en direction d’un coucher de soleil à venir. Le Jura s’est caché derrière les nuages. J’avance droit devant moi et tricherai, traversant hors des clous pour continuer à ne pas tourner, à avancer vers le bas du village, passant devant l’immeuble et la maison de ces deux petits vieux de jadis, lui, moustachu jovial qui nous faisait de grands gestes, elle, revêche à ses côtés, mais aujourd’hui cette maison n’est plus à eux, des vélos rouillés traînent dans le jardin, des sacs poubelle sont entassés devant le garage où des noms inconnus sont écrits à la craie. J’avancerai encore mais ne descendrai plus, passerai devant les usines (même les tatoueurs sont partis, ne restent plus que des portes) et devant la maison de la sourde, seul vestige de ces temps anciens de l’enfance, avec cet autre moustachu, son voisin, souriant lui aussi, qui n’a pas changé, et sa femme, moins revêche que l’autre, qui pourtant s’appelait Rose. Comment peut-on s’appeler Rose et être revêche ? Sans doute ne l’était-elle pas, revêche ; ce n’était que des peurs de gamins, la sorcière et ses chats noirs, la sourde et son balai et le vieux parking transformé en magasin.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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