Blog suisse de littérature

8.07.24

  • Vincent Francey

J’écrivais. Qu’écrivais-je ? Cela se passait dans une église : la sacristine, les servants de messe, la quête, les vitraux. C’est l’église de Montagny, bien sûr. Mon église. Même si. On descendait de l’école, l’après-midi, pour les enterrements. On était dispensé de dictée et on recevait une pièce de cent sous. J’aimais l’odeur de l’encens et je voulais être curé pour avoir le droit de porter des robes, comme les filles. Ça m’a passé. Je fuis les église. Et les filles, j’aimerais bien ne pas les fuir, mais le curé dit que c’est mal de courir après les filles. Le curé de l’époque n’était pas un vieux barbu. C’était le frère Charles et on racontait qu’il avait fait le mur au temps du séminaire, que c’était un capucin rouge, ce qui faisait peur, en ce temps-là. Quand j’étais enfant, c’était encore la guerre froide. L’URSS pointait ses missiles sur nous. Ils allaient bientôt nous envahir, puis ça s’est effondré, on écoutait la guerre du Golfe à la radio, les puits de pétrole en feu, le méchant Saddam, les Américains qui sauvent le monde. Puis la maîtresse nous prenait à part et nous envoyait à l’église. On descendait à pied sur la route pavée. C’était avant les chars, pas les chars Russes, les Suisses, qui ont tout bousillé.


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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.

Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.