9.11.24
- Vincent Francey

J’entre dans l’antre. Il fait sombre. Pas question d’allumer. Ils pourraient me repérer ? Ils ? Taisez-vous, il ne faut pas qu’ils nous entendent. Je note : un canapé, une table carrée posée sur un tapis, un fauteuil à oreilles, un tableau, une étagère, une lampe. Tout semble en place. Le sol est propre. RAS. Vous pouvez allumer. Vous êtes sûr qu’ils ne sont pas là ? Certain, puisque je suis le seul habitant du lieu. Le seul, dans un espace aussi vaste ? Le seul. J’allume. Je suis en effet tout seul et les voix qui me parlaient, c’était dans ma tête. L’appartement a l’air vide, comme si personne n’y vivait vraiment. Quels indices voulez-vous récolter dans un tel lieu ? Peut-être des plumes échappées d’un coussin ou une gouille sous le fer à repasser. Non, même pas. La femme de ménage vient de tout effacer. C’est peut-être elle, la coupable. Mais coupable de quoi ? Je me fais des films : quelque chose cloche dans le scénario. Il faut passer tout cela au peigne fin, appeler la scientifique, récolter les poussières et les miettes, les analyser au spectromètre de masse, relever des ADN étrangers au mien, parce que je n’en démords pas, il y a anguille sous roche : personne n’habite seul dans un tel lieu.
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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.
Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.
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