Blog suisse de littérature

Livresses : journal de lectures

Impossible d'écrire sans lire... Ce journal de lectures propose quelques extraits vidéo de bouquins ainsi que des commentaires à leur propos. En plus des livres en tout genre qui peuplent mon quotidien, que l'on retrouve aussi sur livresses.com, on trouvera livresse poétique, une lecture de l'ensemble du recueil Alcools de Guillaume Apollinaire.

Vincent Francey

Voici ma lecture commentée d'un extrait du livre L'Empire du Bien de Philippe Muray, publié en 1991, en écho avec le confinement actuel.

Vincent Francey

Toc toc qui es-tu toi qui me lis ? Toc toc es-tu la petite souris ? Si c’est oui, je connais une petite fille qui a perdu ses deux dents de devant. Toc toc les deux morts qu’on emporte ce ne sont que les deux dents de devant qui ont quitté cette petite fille que je connais. Toc toc dis-moi petite souris aimes-tu les lys que j’ai cueillis pour toi dans mon jardin ? Toc toc je connais un petit garçon un peu flétri dont le cœur trotte trotte trotte quand frappe à sa porte une petite souris.

Vincent Francey

Voici quelques réflexions sur mes lectures du moment, où il est notamment question de femmes et de silence dans les livres suivants (ci-dessous minutés) :

1:19 Georges Perec, W ou le Souvenir d'enfance, Éditions Denoël, 1975

8:12 Michelle Perrot, Les femmes ou les silences de l'histoire, Flammarion, 1998

11:31 Gustave Flaubert, Madame Bovary, Le livre de poche, 1961 (première édition en 1857)

13:35 Peter Sloterdijk, Bulles, Sphères I, 1998 (traduction d’Olivier Mannoni, Librairie Arthème…

Vincent Francey

Le jour où les fantômes se suicideront, ce sera un soir. Le jour où les fantômes se suicideront, ce sera une nuit, ce sera cette nuit métallique où tu n’auras plus tes yeux. Le jour où tu n’auras plus tes yeux, ce sera un soir et plus personne ne priera. Le jour où tu n’auras plus tes yeux, ce sera une nuit, ce sera la nuit, ce sera le noir. Ce jour-là n’abolira pas le hasard. Je te dirai : vois. Tu me diras : quoi ? Je te dirai : les oiseaux. Tu me répondras : galeux.

Vincent Francey

Quelques mots à propos d'un livre qui fait du bien en période morose, La rumba du chat de Philippe Geluck, publié chez casterman en 2019.

Vincent Francey

Ce printemps cet automne qui sait ce que cela signe, ce que cela signifie ? Nous voilà soumis aux chefs qui nous disent de rester dedans, qui nous disent de ne pas lever les yeux au ciel, qui disent non, ce n’est pas le printemps, c’est l’hiver. Mais les fleurs ? Déjà des fruits, bientôt des trognons. Mais les baisers ? Déjà des regrets, baisers interdits par décret des autorités compétentes. Mais les mains des amantes ? Pas touche sinon le monstre te jette au sol. Mais l’épouse ? Divorcée.…

Vincent Francey

Dans le huitième épisode de mon journal vidéo des lectures du moment, il est question des livres suivants :

1:39 Peter Sloterdijk, Bulles, Sphères I, 1998 (traduction d’Olivier Mannoni, Librairie Arthème Fayard, 2002)

4:42 Georges Didi-Huberman, Aperçues, Les Éditions de Minuit, 2018

6:05 Georges Perec, Les Revenentes, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 2017 (première édition chez René Julliard en 1972)

9:07 Géraldine Schwarz, Les Amnésiques, Flammarion, 2017.

11:14 Patrick Deville,…

Vincent Francey

Étrange sensation : lire l'ordinaire, le quotidien, le banal, le café refroidi, la fête du curé, à l'heure rare où se produit l'extraordinaire, à l'heure où l'on se demande si demain le beurre les tartines les mariages la cloche de l'église seront encore là, à l'heure où seule semble dans l'air du temps la mort du sacristain.

Vincent Francey

Voici quelques commentaires et la lecture d'un extrait du roman Beloved de Toni Morrison.

Vincent Francey

Mes beaux sapins, mes sapins à guirlandes et chocolats, mes sapins à lampes électriques, mes sapins d'intérieur qui clignotez, pourquoi donc fêtez-vous Carnaval à Noël ?

Vincent Francey

Dans le septième épisode de mon journal de lecture livresse du moment, il est question des livres suivants (ci-dessous minutés) :

01:09 Georges Didi-Huberman, Aperçues, Les Éditions de Minuit, 2018.

04:57 Georges Perec, La Disparition, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 2017 (première édition chez Denoël en 1969).

07:47 Géraldine Schwarz, Les Amnésiques, Flammarion, 2017.

10:50 Louis Ferdinand Céline, Voyage au bout de la nuit, Gallimard, 1952 (première édition chez Denoël et Steele…

Vincent Francey

Joyeux cimetières d’automne que fleurissent les vivants, joyeux morts – te souviens-tu de Baudelaire ? – qui font du pied aux petites vieilles – dans les plis sinueux – joyeuses mains coupés comme des cous comme des soleils comme les feuilles d’un livre qu’on referme – joyeux squelettes joyeux zombis joyeux fantômes – cimetières marins cimetières où l’ombre de ma croix ulule à l’appel des vivantes – joyeux cimetières d’automne catholiques et tziganes cimetières-plages cimetières-vignes où se…

Voici quelques commentaires et la lecture du chapitre 7 du roman Rapport aux bêtes de Noëlle Revaz, publié aux éditions Gallimard en 2002.

Vincent Francey

Les brigands, en Allemagne, n'ont plus le coeur à assassiner. À boire, ils l'ont encore, vin de mai quelque peu, bière d'octobre en quantité. Les brigands, en Allemagne, n'ont plus le coeur au cotillon. Ils ne font plus d'enfants, non de peur que ceux-ci soient brigands mais de peur que ceux-ci, ils le seront forcément, soient allemands. Les brigands, en Allemagne, quand ils pensent à ce riche juif dont jadis on disait tant de mal, n'ont pas le coeur à rire. Versant des larmes, les brigands…

Vincent Francey

Dans le sixième épisode de mon journal de lecture livresse du moment, j'évoque les livres suivants :

00:22 Georges Perec, Œuvres, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 2017.

05:13 Nicolas Fargues, Attache le cœur, Instantanés camerounais, P.O.L., 2018.

09:05 Olivia Gazalé, Le Mythe de la virilité, Un piège pour les deux sexes, Éditions Robert Laffont, 2017.

15:32 Virginie Despentes, Vernon Subutex (tome 2), Grasset, 2015.

18:59 Jean Lopez et Olivier Wieviorka (sldr.), Les mythes de la…

Vincent Francey

Loreley, je suis ton amant, te souviens-tu Loreley, je fus ton amant, Loreley. Mon amant, c'est le Rhin, a répondu la Loreley.

Vincent Francey

Voici ma lecture commentée du livre de Marguerite Duras Écrire, où il est question de la mort d'une mouche et de celle d'un jeune aviateur anglais.

Écrire de Marguerite Duras a été publié aux Éditions Gallimard en 1993.

 

Vincent Francey

Le tzigane lui répondit : la plus cloche de toutes à la ronde, c’est toi, mon adorée. Si tu m’aimais autant que tu le prétends, tu battrais toi aussi ton tympan pour hurler à l’oreille de Cyprien, d’Henri, Marie, Ursule et Catherine, que j’ai été, moi celui qui serait resté, ton amant.

Vincent Francey

Voici le cinquième épisode de mon journal de lecture livresse du moment où il est question des livres suivants :

1:45 Virginie Despentes, Vernon Subutex (tome 1), Grasset, 2015.

8:08 Tom Hodgkinson, L'art d'être libre dans un monde absurde, 2006 (traduction de Corinne Smith, Les liens qui libèrent, 2019).

17:20 Jean Lopez et Olivier Wieviorka (sldr.), Les mythes de la Seconde Guerre mondiale, Perrin, 2015.

20:44 Robert Walser, Le Territoire du crayon, Microgrammes, Éditions Zoé, 2003 ;…

Vincent Francey

Le Léviathan s’est réveillé : Ottomar Scholem assassiné à Birkenau le 23 septembre 1943, Abraham Loeweren assassiné à Majdanek le 14 mars 1944 (d’autres noms en réalité mais le même crime), Lia aux yeux de brebis assassinée elle aussi et la synagogue incendiée et les sourires à jamais effacés. Reste la colère.

Parmi les livres marquants que j’ai lus l’an passé, celui-ci occupe une place particulière, parce qu’il est le fruit d’une aventure collective à laquelle j’ai pris part, celle de l’Atelier d’écriture de l’été 2018 construire une ville avec des mots, proposé par François Bon.

Vincent Francey

Le mai le joli mai mais. Le mai le joli mais. Le mai je mais. Je mai mais. Je t’ai mais. Je t’aimais. Le mai mais : décembre. Descendre décembre monter mai mais. La barque s’éloigne de mai mais. Celle que j’ai tant aimé mais. Et mai mais. Hameau nomade hameau tzigane mais. Le Rhin la Galilée mais. Un singe je suis mais. Un chien je suis aussi mais. En mai, je t’aimerai. Fleur nue. Tu. Mais. Mai.

Vincent Francey

Voici le quatrième épisode de mon journal de lecture livresse du moment où il est question des livres suivants :

- 1:14 Hélène Gaudy, Un monde sans rivage, Actes Sud, 2019.

- 7:59 Robert Walser, Le Territoire du crayon, Microgrammes, Éditions Zoé, 2003 ; traduit de l'allemand par Marion Graf, choix de textes par Peter Utz.

- 12:58 Mona Chollet, Sorcières. La puissance invaincue des femmes, label Zones, Éditions La Découverte, 2018.

- 15:26 Daniel Schneidermann, Berlin 1933. La presse…

Vincent Francey

Elles sont sept nymphes sept walkyries elles sont sept et le poète et l’alcool elles sont sept et leur nom restera secret elles sont l’absinthe elles sont l’absente elles sont les fées vertes et les sorcières et le Rhin rit il rit le Rhin et les filles blondes et les filles blondes pour se rassurer les filles blondes d’octobre les filles Schlager les filles chopes les filles-photos les filles décolletées les filles blondes pour valser les filles à polka les filles blondes les bières les filles…

Voici un commentaire ainsi que la lecture de quelques extraits du livre d'Italo Calvino Les villes invisibles. Né sur l'île de Cuba en 1923 et décédé à Sienne en 1985, l'écrivain italien Italo Calvino a publié Les villes invisibles en 1972. La traduction française lue ici est celle de Jean Thibaudeau aux éditions Gallimard, collection folio, 2013.

Vincent Francey

Masque de quel avenir cette sinistre farce ? Descendu de quel bas-fond, ce plaisir sans joie ? Désirade ? En rade. Et le théâtre vaincu et le pâtre aphone et quoi en guise de spectacle ? Des hommes aprivoisés que leur propre avidité dévore.

Vincent Francey

Ceci est le troisième épisode de mon journal de lecture livresse du moment, où il est propos notamment de nazis et de sorcières. Voici les livres desquels je parle :

- 1:26 Mona Chollet, Sorcières. La puissance invaincue des femmes, label Zones, Éditions La Découverte, 2018.

- 10:02 Daniel Schneidermann, Berlin 1933. La presse internationale face à Hitler, Éditions du seuil, 2018.

- 16:12 Victor Hugo, Les misérables, France Loisirs, 1981 (texte original publié en 1862)

- 21:19 Marcel…

Vincent Francey

Apollinaire ou l’envie d’enfer – Apollinaire ou l’envie de trop en faire – Apollinaire ou l’en vie – Apollinaire envie de me laisser faire – Apollinaire en fer – et moi qui flambe et moi devant le mur et moi les mains cachées sous la table – Apollinaire ou la vipère – Apollinaire où la vie perd – et moi qui m’enflamme et les mots de Guillaume qui me brûlent jusqu’à l’os – Apollinaire nerfs à vif – et moi qui même six pieds sous terre – Apollinaire ou la terre renouvelée – craint plus que tout la…

Vincent Francey

Voici la lecture d'un extrait ainsi qu'un commentaire du roman Deux villes de l'auteur américain John Edgar Wideman, un roman dont la première parution date de 1998 et qui a été traduit en 2000 par Jean-Pierre Richard pour la collection L'Imaginaire Gallimard.

Vincent Francey

FEU de fête FEU de têtes FEU de femmes aux citronniers pendues FEU de mots dans le corps de Guillaume FEU furie féerie cou coupé poète épinglé coup coupé des femmes FEU des passés consumés tout FEU tout femme FEU mon âme ça crame au FEU de toi FEU toit FEU s'écroule FEU Guillaume et moi seul en FEU et FEU Dieu fini Dieu FEU l'enfer Dieu FEU Dieu femme FEU

Vincent Francey

Ecrire au quotidien. S’écrire au quotidien. Patti Smith assise à sa table au Café ‘Ino. Patti Smith sur les traces d’Alfred Wegener. Patti Smith et sa maison au bord de mer. Un taudis. Une tempête. L’effondrement. Les souvenirs : Fred, mort il y a si longtemps ; les écrivains chéris, leurs tombes qu’on visite parce qu’on l’a promis, Jean Genet, Arthur Rimbaud, des Japonais qui se suicident. Et les rêves. Fred qui revient. Fred qui repart. Patti Smith fixe les détails de sa vie, elle les malaxe,…

Vincent Francey

Rosemonde, rose immonde ? Qui après 1913 pour s'appeler Rosemonde ? Qui hors des vitrines d'Amsterdam ? Qui sur les quai ? Qui noyée dans les canaux ? Qui en Hollande ? Qui au monde pour s'appeler Rosemonde ? La Rosemonde du vieux Guillaume fut-elle la dernière Rosemonde? Fut-elle la dernière rose du monde ? Il en passe une, de Rosemonde, à l'ombre des jeunes filles en fleur. Marcel pose son regard ailleurs, sur la dernière des Albertine. S'il avait choisi Rosemonde, le monde en aurait-il été…

Vincent Francey

S’affirmer mécréant, c’est s’affirmer libre. Daniel Bensaïd refuse les injonctions monde, il conspue le capitalisme mondialisé sans refluer vers la nation salvatrice et bornée ni vers les vieilles identités religieuses qui ne renaissent que parce qu’elles savent automatiquement comment remplir le vide qui désormais remplit notre monde sans repères. Ces fragments évoquent les grands problèmes politiques et sociaux dans leur complexité mais sans concession. Il montre surtout qu’une pensée de…

Vincent Francey

L’habit ne fait pas le moine mais il fait l’émigrant.

Vincent Francey

Des meurtres déguisés en suicides, des enfants assassinés, un réseau glauque de pédophiles connectés, de la méfiance partout, voilà un roman noir qui porte fièrement sa couleur. Le narrateur est journaliste. Il a un frère flic. Il refuse de croire que celui-ci s’est donné la mort, ouvre ainsi la boîte de Pandore, s’acoquine avec le FBI, traque un tueur en série à travers tous les Etats-Unis, croit arriver à ses fins, se trompe, croit comprendre la terrible réalité, se trompe un nouvelle fois,…

Vincent Francey

Presque rien l’automne presque rien le brouillard. Ce paysan, ce sont ceux qui marchèrent avant moi, paysan père paysans grands-pères paysans depuis la nuit des temps. L’automne – presque la nuit – le brouillard – presque la nuit – et le temps si lent des paysans le temps du père le temps des grands-pères et le temps de l’automne le temps de la nuit. Mort l’été ? Morts mes grands-pères. Morts les paysans. Je suis le premier qui ne perpétue pas la lignée : chanson d’infidélité. Pourtant chanson…

Vincent Francey

Il s’agirait de penser le sport, de déterminer ce que celui-ci a d’universel, de discerner ce qu’il dit des sociétés qui le pratiquent. Ce qui est universel, pour Philippe Descola, ce n’est pas le sport, mais le jeu, le sport n’étant que la dérive moderne des jeux anciens, que leur inscription dans l’individualisme. A travers quelques pages qui mériteraient d’être plus fournies, l’anthropologue s’amuse au jeu de l’interview, évoque des mondes pour qui le sport n’est pas encore devenu la…

Vincent Francey

Est-ce cela, vivre en ermite ? Est-ce cette transe ? Est-ce ce surgissement du gruyère et des culs roses ? Est-ce cette prière inquiétante ? La tentation de l'ermitage est la tentation du poète, se reclure au fond des bois, s'enfermer en soi-même, chercher sa propre nuit et la proférer face au ciel. Pourtant, cet ermite s'ennuie des villes, il laisse venir à lui ce qui vient, celles qui viennent, ce qui se dresse ne tombe pas dans la méditation. Si c'est cela, vivre en ermite, si c'est se…

Vincent Francey

Diderot est à la charnière du monde ancien et du monde moderne. Il a résolument pris le parti des modernes et sa pensée de la nature est toute fondée sur l’observation scientifique alors naissante. Le philosophe cherche à évacuer toute interprétation préalable à l’expérimentation sur le terrain. Il laisse de côté les dogmes de la métaphysique pour concentrer son œil sur la physique et sur les surprises qu’un regard rigoureux fait naître en notre esprit quand l’œil essaie de voir en direct le…

Vincent Francey

Diseuse liseuse toi la tzigane amoureuse tisseuse de mensonge toi la diseuse fileuse toi l'aventure noire aventure tzigane amoureuse au parfum d'espérance toi moi l'espoir d'aimer en chemin qui es-tu toi l'amoureuse toi l'amourette toi l'aventure diseuse liseuse tissu d'étoffe rouge qui es-tu main dans la main toi nous la tzigane fileuse qui file au loin de moi toi nous l'amoureuse oiseau bleu dont il ne reste que les plumes toi nous qui es-tu toi la tzigane et qui suis-je moi l'amoureux ?

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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.

Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.