Blog suisse de littérature

Livresses : journal de lectures

Impossible d'écrire sans lire... Ce journal de lectures propose quelques extraits vidéo de bouquins ainsi que des commentaires à leur propos. En plus des livres en tout genre qui peuplent mon quotidien, que l'on retrouve aussi sur livresses.com, on trouvera livresse poétique, une lecture de l'ensemble du recueil Alcools de Guillaume Apollinaire.

Lire pour se donner l’envie de lire. Je ne savais rien de Cingria, sinon l’impression que c’était difficile à lire, juste en le feuilletant. Chessex se fait dithyrambique pour me prouver le contraire. Il raconte Cingria le baroque, Cingra le catholique, Cingria le moderne, Cingria le médiéval, Cingria le poète, Cingria qui digresse, Cingra qui passe par ici et Cingria qui passe par là, Cingria à Genève, à Paris, à Payerne, Cingria à Rome et à Fribourg, Cingria qu’on a envie immédiatement de…

Choisies pour l’inter. Destin terrible pour de si jolies fleurs. Poésie-torture. Les 6032 soupirent. La poésie lentement – trop lentement – les empoisonne. C’est vache, monsieur. Cernes violâtres aux yeux du prof. Que des garçons. Filles de leurs filles, non, pas de filles, des garçons à perte de vue, fils de... Les élèves, l’œil méchant, pensent à voix presque haute : fils de… Les yeux du prof au beurre noir. Ils aimeraient meugler, les élèves. Battus par le prof. Leurs paupières lourdes,…

Les couleurs ont une histoire et elles en racontent. Michel Pastoureau passe sa vie à les observer, ces histoires et ces couleurs. Il les traque dans des fragments de Moyen Age et dans ce quotidien du vingt-et-unième siècle qui le dégoûte mais dont ses yeux sont insatiables, qu’il déambule agacé dans un musée du Louvres souillé par trop de touristes ou qu’il contemple les carrosseries des parkings et celles, plus vives, des plages bretonnes.

Les poètes ont tendance à parler faux. Parler faux le langage des beaux parleurs. Parler faux aux femmes parce désirant trop dire le vrai. C’est que les poètes aiment les mots plus que les femmes. C’est que les poètes s’inventent des tragédies. C’est que les poètes se suspendent eux-mêmes sur la tête sept épées de Damoclès. Il leur faut des mots rares pour bricoler des bouquets de fleurs à la hauteur de leurs amours compliquées. Il leur faut des muses, des nymphes, des pyraustes, des égypans et…

Ambigu, troublant et mystérieux, presque mystique, ce texte à la première personne, celle d’Isabelle Eberhardt, jeune aventurière en quête de repos, est pourtant double. Un homme l’a retrouvé et l’a complété, réécrit peut-être, en pensant connaître « l’esprit de l’auteur », si bien que le lecteur ne sait jamais vraiment, quand il suit la pensée d’Isabelle Eberhardt, si celle-ci n’est pas déjà malaxée par Victor Barrucand, l’absent resté loin de la voyageuse solitaire.

Faire de la poésie en insultant un sultan ?

Faire des vers en solitaire avec des ténias ?

D’Olten, comme tout un chacun, je ne connais – et encore, sans jamais être sorti du train – que la gare.

En existe-t-il encore des vivants, de ces dieux ? Sont-ils tous morts et enterrés ? L’amour aussi ? Les ivrognes ne seront-ils – le mot devient dur à prononcer – plus jamais pieux ?

Théâtre de violence, de misère et de paradoxale gaîté, Les Bas-fonds regorgent de personnages désespérés et rêveurs, cogneurs, alcooliques et philosophes.

Ni Guillaume ni moi n’y croyons plus. Ce caquètement d’amour transpire – est-ce dans le texte ou est-ce moi qui le souille ? – l’ironie.

Comment évaluer un écrivain et son œuvre ? En lisant, semble-t-il.

Comment lire cette chanson sans s’identifier au mal-aimé ?

La poésie se remet de son hermétisme. Elle ose à nouveau dire avec simplicité le monde qui lui donne naissance. Elle s’y frotte et s’y engage.

Ces poésies qu’on sait par cœur, s’émoussent-elles ? Et nos amours, s’émoussent-ils ?

Proust se rappelle ses lectures d’enfance. Elles sont une madeleine, la renaissance d’une chambre et d’un parc, le retour d’un temps où tout devait cesser de vivre pour permettre la lecture.

Il s’agira de trouver, par la mise en bouche des mots des autres, l’ivresse poétique.

L’enfant parle comme un grand. Il rend ses parents chèvres. Il rêve de théâtre et de guerre.

La vieille silhouette assise de Georges Haldas hante encore quelques cafés de Genève.

Gravir l’Aconcagua vautré sur mon canapé, voilà l’une des aventures que ce livre m’a permis de vivre par procuration.

Roman de terre et de sang, Le Soleil des Scorta raconte le destin simple d’une famille fille du Soleil. S’y succèdent la sueur et les pleurs, la passion et la mélancolie.

On sort d’Au-dessous du volcan comme on sort d’une longue ivresse, sonné, incapable de comprendre pourquoi on a trouvé ce roman si beau et si épuisant.

De la bataille de Morat ne demeurent aujourd’hui qu’une course à pied et le souvenir amoché d’un tilleul.

Suis-je un antimoderne ?

Le vingtième siècle fut le siècle des totalitarismes. Qu’est-ce que cela signifie ?

Double fugue, la première en 1965, la seconde en 2015.

Lire Cioran, c’est savourer cru les plaisirs du dégoût.

Le deuil compliqué se fait petit à petit, sur fond de jalousie, de déni et de soupçons.

1984 à la sauce d’aujourd’hui, c’est-à-dire religieuse, pseudo-musulmane, ce roman décrit un monde où penser est interdit, où tout est prescrit par Yöllah et son Délégué Abi mais où un homme se met à douter, à se répéter le mot liberté et à quitter le quartier auquel devait se limiter pour toujours son horizon.

La langue, écrivait Roland Barthes, est fasciste.

Plaine, ma plaine, la mélodie me tourne dans la tête et les mots de Tchekhov cahotent sur des chariots grinçants.

Qu’est-ce que le terrorisme ? Yann Moix tente une approche rationnelle, une pensée de l’impensable, une mise en mot de l’horreur absolue.

L’histoire du juif Itzig Finkelstein, alias le génocidaire Max Schulz – ou est-ce le contraire ? plus la lecture avance, plus on s’y perd – tourne en bourrique la tragédie historique pour mieux en montrer l’absurdité.

Fille du pape, monstre dépravé, orgiaque criminelle et mère aimante, Lucrèce Borgia est l’héroïne romantique par excellence.

L’ironie semble avoir de plus en plus pignon sur rue au fur et à mesure qu’on ne la comprend plus.

Quand le fiston à Félicie débarque en Angleterre, les morts font des petits sous les masques qui tombent.

Ouvrir le journal d’un écrivain qu’on connaît à peine, c’est entrer par la petite porte dans son œuvre et par la grande porte dans son esprit.

Peut-on parler de culture nazie ? Ce livre répond oui et tente de la définir.

Comment lutter contre les cons ? En leur parlant ? En les instruisant ? Ce roman propose une autre méthode.

Le profit économique de quelques-uns passe avant la vie des autres.

Chroniquer des chroniques semble voué à se mordre la queue, mais chez Vialatte, sinon chez moi, le chat retombe toujours sur ses pattes.

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A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.

Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.