Blog suisse de littérature

Diconner : dictionnaire peu commun

Les mots sont plus que ce qu'en raconte le dictionnaire. C'est pourquoi je vous propose de nouvelles définitions, une semaine pour des noms communs, la suivante pour des noms propres.

Vincent Francey

A l’heure où le latin devient une langue deux fois morte (sa deuxième mort étant un assassinat dont les coupables courent toujours), il est plus que vital, au moins deux fois, de néolatiniser nos mots de tous les jours ployant sous le joug (du latin jugum, i, n., qui signifie aussi,cela ne s’invente pas, les liens du mariage ; merci au passage au bienheureux Félix Gaffiot ressorti du fin fond des ruines de ma bibliothèque et merci bien évidemment à madame Braillard) de l’assaut…

Vincent Francey

Peintre-colère, je lis le nom, j’ignore les toiles, je vois du rouge, du sang et des corps démembrés, puis je lis les dates, je me calme, je vois des droites et des dorures qui me rassurent : je peux enfin aller y voir de plus près et je tombe sur une allégorie de la grammaire qui me laisse songeur. J’aurais tant aimé trouver du rouge, du sang et des corps démembrés, même si la grammaire est une forme de torture qui vaut largement l’écorchage à vif et le pal.

Vincent Francey

– Avec, est-ce que c’est bio ? – Biochimique, répondent les savants. – Sans, est-ce que c’est bon ? – Difficile, répondent-ils. – J’ai vécu trente-sept ans en ignorant ce qu’était le diphényle, est-ce que c’est grave docteur ? – Êtes-vous un citron ? – Je l’ignore. – Si vous l’êtes, vous êtes bio. – Est-ce que c’est beau pour un citron d’être bio ? – Je l’ignore. – Et si je ne suis pas un citron, c’est bon quand même ? – Difficile à dire : est-ce que vous vous trouvez beau ? – Je l’ignore. –…

Vincent Francey

Que se passe-t-il en ce moment à Kamechliyé ? Ou peut-être faut-il écrire Qamichly ? Deux écritures, ce sont deux mondes, lesquels ? Je lis : ville de Syrie, à la frontière turque. La question revient : que se passe-t-il en ce moment à Kamechliyé ? Je lis : Erdogan ! Qu’est-ce qu’ils t’ont fait, ces enfants ? L’article – c’est le plus récent, semble-t-il – date du 11 octobre 2019. Les forces turques viennent de prendre la ville. La question revient : que se passe-t-il en ce moment à Kamechliyé ?…

Vincent Francey

Le vadrouilleur va n’importe où au petit bonheur la chance. Il se retrouve ailleurs, là où le voyage organisé n’a pas eu l’idée de s’arrêter pour la vue, et il regarde, il photographie ce joli pont de bois ou cette friche industrielle, il dit bonjour à cette dame inconnue, il lit des noms mystérieux sur des panneaux routiers aux couleurs changeantes. La vie devrait être une grande vadrouille où des bonnes sœurs lancent des citrouilles sur des motards nazis. Souvent, elle fait du surplace, la…

Vincent Francey

Petit pays d’Afrique, voilà ce que je sais de toi, Malawi, petit pays d’Afrique coincé entre des pays plus grands que toi, la Tanzanie, la Zambie, le Mozambique, petit pays d’Afrique si loin de mon petit pays d’Europe coincé entre des pays plus grand que lui, la France, l’Allemagne, l’Italie, petit pays d’Afrique, que de dire de toi qui ne serait pas clichés, habitations typiques (c’est la photo du dico), petites gens noyées de pauvreté, un lac qui a le même nom que toi, Malawi, petit pays…

Vincent Francey

Notre entreprise est une grande famille. Vous allez tellement vous y plaire que vous ne pourrez pas la quitter tous les soirs avant vingt-et-une heures, que vous y passerez vos dimanches après-midi, que vous penserez sans arrêt à sa productivité qui vous tient tellement à cœur. Ça, voyez-vous, c’est notre esprit d’entreprise, ce qui nous fait avancer dans la vie, ce qui nous fait voir le monde avec des lunettes nouvelles : tous ensemble dans de vastes open spaces, nous ferons du team building à…

Vincent Francey

Musique française, évanescence fantaisiste, légèreté louvoyante, je découvre en cet instant des mélodies subtiles sentant déjà l’entendu, le Satie, le Milhaud, le salon Verdurin, mélodies plus tout à fait mélodies, ambiances tamisées, poésies baillées dans les délices d’un son diaphane avant que se réveille un piano décemment espiègle. Musique sage ? Musique savon qui glisse sur les sentiments. Mais si le piano s’éteint soudain et si ce ne sont plus nos vieux poètes maudits que la voix décore…

Vincent Francey

Qu’objecter à objecter ? Comment réfuter la réfutation ? Comment dire non au refus ? Peut-être en n’objectant pas, en disant oui à tout sans réfléchir, en mettant, comme ils disaient quand on allait à l’armée, le cerveau sur off afin d’éviter l’objection de conscience. Vous objecterez à cela qu’il n’est pas possible d’éteindre la pensée. Je suis d’accord. Y a-t-il des objections ? Y a-t-il des consciences ? Y a-t-il autre chose que la ruine de l’âme ?

Vincent Francey

Nous nous voyons dans l’obligation, en raison du coronavirus, d’annuler cette chronique.

Vincent Francey

Tout n’est-il que cycle ? Tout n’est-il que roue de vélo tournant dans le vide ? Tout revient-il toujours et sans cesse à la case départ ? Reserons-nous demain bébés, fœtus et têtards ? Le cycle de la vie a vécu sans nous durant des millénaires et il vivra sans nous quand nous aurons disparu. Croire que tout n’est que cycle, n’est-ce pas simplement, comme toute croyance métaphysique, un moyen de mettre la mort à distance, de la rouler au loin comme une roue de vélo mystique pour la confondre…

Vincent Francey

L’été, je lis un pavé russe. C’est ma façon de lutter contre le réchauffement climatique. Qu’est-ce que j’y cherche de plus que les frimas et le permafrost ? L’âme russe ? L’espace infini des plaines ? Le tumulte des Révolutions ? L’extase de l’orthodoxie et de la vodka ? La guerre ou la paix ? La vie ou le destin ? Le crime ou le châtiment ? Tout, en Russie, vu de la minuscule Suisse, semble immense, tout y semble en permanente hyperbole, tout se compte en milliards, la moindre peccadille…

Vincent Francey

Quelle plus-value apporter à ce texte afin qu’il trouve preneuse ? Un bon d’achat chez lie-tes-ratures comprenant deux photogriffouilles, trois livresses du moment et une phrase 2 page 78 amplifiée de derrière les fagots ? Une chanson qui augmenterait le plaisir de la lectrice en mal de sensations fortes et lui ferait cadeau de tout ce qui la comblerait de joie ? La photo d’un billet de cent francs suisses jamais dépensé avec les intérêts ? Tout mon amour dégoulinant sur la même lectrice…

Vincent Francey

Rassembler, tel est le maître mot, rassembler en un rassemblement de semblables les frères dispersés, tel est l’objectif, rassembler pour quoi, pour la République une et indivisible, la République des semblables et des frères, la République des copains, la République des Balkany, la République des Sarkozy, la République blingbling, celle de nos semblables et de nos frères, mais les rassembler autour de qui ? Ils ont tous levé la main, les balladuriens, les juppéistes, les chiraquiens, les…

Vincent Francey

En général, ce qui compte, ce sont les détails. Or, le général n’est que la somme des détails et généralement cette somme est arrondie afin d’effacer les restes, les incongruités et les rebibes, donc en effet le général ment et n’a aucun intérêt particulier.

Vincent Francey

Si leur civilisation ne s’était pas effondrée, ils tiendraient aujourd’hui les rênes du pouvoir, puisqu’ils étaient marchands, les Phéniciens. C’est du moins ce que j’ai retenu de mes cours de latin, à moins que je confonde avec qui ? Hannibal, Carthage, Scipion l’Africain ? Je me souviens qu’il y avait aussi les Numides. Ça nous faisait bien rire, les Numides, mais pas madame Braillard (est-ce qu’elle est encore en vie ? Je ne peux m’empêcher de me poser cette question à chaque fois que surgit…

Vincent Francey

J’aime la tranquillité, le soleil qui se couche lentement sur la ville dans la douceur de l’automne pas pressé de passer à l’hiver, le son régulier du balai devant la porte des voisins, la marche lente des passants sur le pont, le presque silence des voitures sur le bitume absorbant et mes doigts qui tapotent des banalités sans chercher grand chose sinon la tranquille écriture d’une fin d’après-midi ordinaire, calme mais sans mélancolie, une fin d’après-midi tranquille sur ma terrasse, une fin…

Vincent Francey

En grève. Le Suisse s’étonne. En grève. Pourquoi ? Nous ne cèderons pas. Le Suisse s’étonne. Retraite à quel âge ? Le Suisse a entendu 60 ans, 52 ans, 27 ans – parce que Jimi Hendricks, Janis Joplin, Kurt Cobain, Amy Winehouse – il a entendu tout, le Suisse, et il pense nous 65 et 42 et eux 60 et 35 de quoi ils se plaignent qu’il se demande le Suisse. En grève. En quoi ? Le Suisse fait la grève le dimanche matin. Il lave sa voiture et il tond le gazon. En grève. Macron t’es foutu. Qu’est-ce…

Vincent Francey

Sont-ce les adorateurs de Catherine ? Sont-ce ceux dont le nez est catastrophique ? Sont-ce ceux dont le sang coule des voûtes tatouées ? Ce sont singes sans queue préhensile au nez normal ne connaissant ni Catherine ni Jean Gabin et du monde ne sachant que savanes monotones et qui se nomment Jean Gibbon ou Catherine Macaque et ne savent plus ce que les vieux pouvaient bien fabriquer avec une queue préhensile. Triste destin des catarhiniens, catastrophique singerie. Ajoutons que l’homme aussi, à…

Vincent Francey

La grosse tête, se pourrait-il qu'un politicien, la grosse tête et les jambes à son cou, se pourrait-il qu'un socialiste, la grosse tête et la barbe et les jambes à son cou, se pourrait-il qu'un ouvrier ciseleur trahisse la Commune ? Ciseleur certes mais sénateur, ceci pour saisir cela : la grosse tête, les jambes à son cou, la barbe.

Vincent Francey

C’est donc par hasard que j’écris sur le hasard et le hasard comme par hasard fait bien les choses. Je n’aime rien tant que le hasard, le coup de dé, la décision cruciale au petit bonheur la chance. Je me lève le matin, triste nécessité, puis en constatant le vide de l’agenda si rare et si précieux, je me laisse guider par le hasard. Ce hasard au carré, c’est le troisième coup de dé du jour, après Bones et Antoine Compagnon. Charmantes compagnies à peine voulues, cadavres adorables et…

Vincent Francey

Lucien Anatole Prévost-Paradol Lucien Paradol Prévost-Anatole Prussien Parasol Prévient Laluciole Paracétamol Anna-Lise son épouse pas prussien le Lucien : se suicida à la déclaration de guerre.

Vincent Francey

Suite au prochain épisode, mais comme personne n’a vu le premier épisode, nous commencerons par l’épisode suivant et comme personne ne comprendra l’épisode suivant sans avoir vu le premier épisode, ce premier épisode sera également le dernier.

Vincent Francey

Multiplication des états généraux : états généraux de l’alimentation, états généraux de l’éducation, états généraux de la bioéthique, états généraux des migrations, états généraux de l’avenir de la profession d’avocat, états généraux de l’hépatite B, états généraux de la République et Canton du Jura, états généraux du film documentaire, états généraux de la mobilité, états généraux de l’arbitrage, états généraux des nouvelles régulations numériques, états généraux de la psychanalyse, états…

Vincent Francey

C’est le rêve de tout homme qui se respecte. Ô ma douce amie, qu’il me serait agréable de vous rendre féconde, dit le délicat. Viens là que je te fertilise, affirme le grossier. Cela revient au même. Les hommes, qui ne donnent la vie que par procuration, n’ont que ce mot à la bouche : fertiliser. Il faut produire, reproduire et se reproduire, c’est la société de fertilisation. Tant pis si pour fertiliser, il faut s’asperger de saloperies et asperger des salopes – le grossier prend toujours le…

Vincent Francey

Romancier oublié – jamais lu – romancier vin blanc – jamais bu – romancier Léman – Lavaux – romancier gentil – impression qui vient d’où – Chardonne ou Chardonnet – gentil ou gentillet – romancier rien que ce mot pour dire gentil gentillet – Chardonne provincial – presque vaudois – Chardonne on pense à Katherine – gentille ou gentillette – il s’appelait Boutelleau – boutez l’eau – feu mouillé – pet dans l’eau – l’amour, c’est beaucoup plus que l’amour – gentilleret – les destinées sentimentales…

Vincent Francey

J’attends sur quoi pour un.

Je schwemtze et je poutze.

Je m’outre-sarinise.

Ferais mieux de passer le pont.

Ja ja ich muss.

Vincent Francey

Un jour en vrai à Vouvray j’irais. Sur la Loire. Méandres sauvages. Ai vu cet été pour la première fois la Loire. En vrai. Pas à Vouvray. Ai marché sur un canal au-dessus de la Loire. Ai photographié une maison, des arbres, un fleuve. Pas à Vouvray. À Briare. Ai bu cet été du vin blanc à Sancerre. Pas à Vouvray. Mais irais un jour en vrai à Vouvray. Ai visité un château. Ne sais pas s’il y a un château à Vouvray. Sur la Loire. À Briare ai mangé une gaufre aux pommes de terre. À Vouvray mangerais…

Vincent Francey

La plus petite parcelle de la matière puis boum. Nous voilà éparpillés aux vents nauséabonds des bombes à neutrons à protons à électrons à gros cons. Pas moyen de nous agglutiner en molécules puisque nous voilà seuls, ridicules atomes à la dérive sans la moindre petite fusion pour égayer notre morne quotidien vide. Allez, un petit saut quantique : je suis ici et je suis là-bas là-haut sur la montagne des atomes crochus en-ça en-là cul par-dessus tête tête bêche pêle-mêle puis boum. Plus rien. Où…

Vincent Francey

Les Rousses, ça pue. Hors-saison. Remontées mécaniques : rouillées. Pistes de fond : fondues. Restaurants : sans clients. Les Rousses hors-saison, ça attend la saison, ça balaie, ça cloue, ça réfléchit. Les Rousses hors-saison, ça compte les sous et ça dit un peu moins chaque année et ça pense à la neige et ça pose la question : canons ? Les Rousses : canons ? Peut-être que si la station s’appelait les Blondes, on aurait plus de monde. Les Rousses, hors-saison, ça se cherche des excuses. On a…

Vincent Francey

La rotation, c’est la tête qui nous tourne mais mécaniquement, toujours à la même vitesse, sans le moindre grain de sel ni de folie pour déglinguer la course monotone et automobile de la tête qui tourne et qui tourne avec ses grands ruisseaux de ferraille pas même rouillée. La rotation, c’est un cercle sans émotion, une sphère vulgaire, un rot rond. La rotation, ce n’est pas mon manège à moi et ce n’est pas toi et ce n’est rien d'autre que cet engrenage sans fin du cycle de la vie, de la mort et…

Vincent Francey

Dans le club ultra sélect des hommes en -isme, Perón est au péronisme ce que Popol est au populisme et d'ailleurs Perón aussi était populiste, peut-être plus encore que Popol, il faudrait demander ça à Evita mais en évitant le scandale qui à coup sûr mènerait l'Argentine à la banqueroute si l'on découvrait que de tels peoples emmenaient Popol au cirque plus que la décence ne l'autorise. N'insinuons rien de plus et dansons, puisque nous voilà à Buenos Aires, un tango langoureux qui fera à n'en…

Vincent Francey

Considérons le verbe considérer. C’est un verbe considérable si l’on considère qu’en effet nous pouvons le considérer sans autre forme de considération que le fait considérable de le considérer considérable. Nous considèrerons donc considérer considérable tout en considérant considérable de considérer considérable le verbe considérer, ceci bien entendu en faisant abstraction de toute considération pour les cons sidérés.

Vincent Francey

À l’aveugle : rien. Tonlé Sap : un indice ? Toujours rien. Tonlé, une langue ? Toujours pas. Sap ? Travail. Tonlé Sap ? Travail de sape en tongs. Non. Tonlé. Tonds-les moutons. Toujours pas. Tonlé Sap : langue au chat. Lap lape lapin sapin petit chat. Tonlé Sap : lac du Cambodge. Voilà. Tonlé Lac et les lacs seront bien tondus.

Vincent Francey

Ecrire à propos du verbe mortifier étant une mortification et ne me sentant pas de penchant mortifère, je m’abstiendrai de tout commentaire morbide et de tout développement sordide.

Vincent Francey

Michaux Plume Michaux Gouffre que retrouver à brûle-pourpoint de Michaux ? Se souvenir de Juan Rigoli, séminaire de premier cycle (ou de second, je ne sais plus) dans un petit bureau de Beauregard : Un barbare en Asie. J'avais bleuté : bête, meurtre de la victime, celui qui était né bête, devenant plus bête et qui est plus bête que l’Hindou bête, avachis, (sait-on jamais où un chat va s’asseoir ?) ainsi en va-t-il de l’Indien. En notes, en remontant le texte, j'avais écrit : analogie entre une…

Vincent Francey

Harmoniser est impossible, parce que l’harmonie est toujours préalable, parce qu’on ne peut pas la bricoler ni la créer, parce que le seul fait de toucher au monde en trouble le mouvement. On n’harmonise pas : on cherche à retrouver l’harmonie perdue, comme Proust le fit pour le temps. Et l’harmonie retrouvée est toujours au seuil de son éclatement.

Vincent Francey

Quelle contrainte ? Pas de contrainte ? Est-il possible d’écrire sans contrainte à propos de Georges Perec ? Les choses ne sont pas si simples et la disparition des contraintes ne constitue pas forcément un mode d’emploi suffisant pour écrire à propos de Georges Perec, les trois bouts de titres notés ici à la va-vite ne constituant qu’une pâle tentative d’épuisement d’un auteur complexe, multiforme, profond et facétieux. Perec, c’est d’abord une tronche, celle du fou littéraire, le pendant…

Vincent Francey

Voilà un mot bon prince, pas machiavélien pour un sou, gentil, nunuche et héroïque. Est-ce pour cela qu’aujourd’hui on le prononce généralement avec ironie ? Tout ce qui tient du conte de fée est systématiquement dénigré parce que, voyez-vous, le monde n’est pas charmant, il est cruel, infernal, concurrentiel, sans pitié, maléfique, informatique et ogresque. Charmant, n’est-ce pas ? Heureusement, pour nous autres les bisounours, il reste le mot charmante, le rêve de la gamine qui sera Kate ou…

Vincent Francey

Exposition au Palais-Royal : le provincial baille, le Suisse s’endort. Colonnes de Buren : les deux soupirent. Palais-Royal : la France d’en-haut, la France écharpe rouge, la France officielle des gens officiels qui officient en hauts lieux de Légion d’honneur, la France Cardinal Richelieu, la France des nantis, des bobos, des m’as-tu-vu, des snobinards, des partouzeux, la France Jack-Lang. Palais-Royal : la pompe, la dorure, la France en culotte. Le Français, devant Palais-Royal, s’incline – il…

Diconner commun