Blog suisse de littérature

Bienvenue sur lie tes ratures

Bienvenue sur lie tes ratures, le blog de mes expérimentation littéraires, où vous pourrez notamment feuilleter mon carnet de bribes et de réflexions diverses, mon album de photos prises à heure fixe, mes pérégrinations diverses ainsi que les livres qui m'inspirent.

 

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Vincent Francey

Replonger dans les lectures anciennes. Nana : la déchéance d'une femme. Peut-être confonds-je avec Gervaise. Sa mère ? Sa fille ? Lecture d'adolescence. Livre disparu. Pas même sur l'étagère. Densité de Zola dans les détails assassins : qui est Nana par rapport à Jacques Lantier ? Sa mère ? Description d'un milieu, de ce qu'on appellerait aujourd'hui un écosystème. Les cocottes. Les putains. Quel est le mot juste ? Nana a son heure de gloire. Fausse. Elle a sa chute. Plus vraie que nature. Sa…

Vincent Francey

Petite vidéo-réflexion sur les livres figés dans mon dos et sur les livres que j'ai à faire.

Vincent Francey

Les masques grecs parlent bolze. Ce sont des personnages de théâtre, des antiquités qu’on assied à des tables collées au comptoir et à qui on offre des canettes de cardoche pour que les touristes se croient dans un lieu authentique. En réalité, ces deux moustachus au visage rouge et aux cheveux raides sont des ruines. Ils causent comme des automates d’un temps qui n’est plus, celui de l’ancienne brasserie de l’Auge, le temps où Gottéron jouait (et gagnait!) aux Augustins avec Hubert Audriaz dans…

Vincent Francey

Qu’est-ce qui manque ? des baffes ? des sangliers ? des jeux de mots ? Non, c’est autre chose. Tout ce qu’on aime y est mais la sauce ne prend pas, c’est un peu comme de la pizza sans tomates. Nos irréductibles Gaulois participent à une course de char que les Romains voulaient truquer au profit de leur aurige. On trouve des gens de partout, comme d’habitude, des Bretons qui parlent à l’envers, des Koushites à dos de zèbres, des Lusitaniens qui tombent en panne, et bien entendu, Astérix et Obélix…

Vincent Francey

L'eau jadis ou l'homme trancha la gorge verte de la forêt, révélant aux pieds du marcheur ses ossements de molasse sous la mousse. Quelques rayons de soleil percent encore à jour le crime impuni, sur la blessure ouverte duquel, vrai homme, assassin véritable de la forêt d'agonie, je cogne mes chaussures. Rends-nous la vie, me crient les racines arrachées. Je les piétine.

N’étant pas sorcier, je ne puis le deviner. Si seulement je possédais quelques bribes de magie, juste des bases, pas grand-chose, deux ou trois formules, une baguette de sureau, un chapeau pointu, un semblant de pouvoir occulte, je pourrais sans doute répondre à la question qui me tarabuste ou au moins tenter le coup ; mais voilà, je ne suis qu’un vulgaire moldu pas même de sang mêlé. J’ai beau passer mon temps à apprendre par cœur de jolies formules en latin de cuisine, il ne se passe jamais…

La Révolution du saucisson est en marche. Face à l’invasion végétarienne, végétalienne, végane, vétérinaire et véritablement assassine, face aux sans-gluten et aux sans-dents, il faut fonder une Internationale des bouffeurs de bidoche portant fièrement à même leurs corps épais et bedonnants les marques graisseuses des frites à l’huile et de la choucroute garnie. Hier, pour la bonne cause, j’ai bouffé une soupe de chalet, mais charité bien ordonnée commençant par moi-même, j’ai n’ai pas pu…

Vincent Francey

Encore un rhum ? Certes, mais avec quoi le mélanger ? avec des femmes et de la bière parce que c’est ça qui rend heureux ? On connaît la chanson : le lendemain, Blanche-Neige a foutu le camp avec le capitaine Crochet mais pas les petits nains qui creusent dur dans ta caboche fatiguée. Avec du coca ? Ça me rappelle trop ce bateau mauricien où, aveuglé par la crème solaire qui me faisait voir le monde flou, j’ai laissé quelques indigènes par trop entreprenants emmener mes sœurs visiter la salle…

Vincent Francey

Ils sautent du pont. Le Magasin des suicides. Sur le banc, le livre noir. Sous le soleil, j’observe. Ils nagent. Des Espagnoles les rejoignent. Elles sautent aussi. Elles nagent aussi. Je n’oserais pas. Tremper les pieds, par cette tchaffe ? Même pas. Je continue le bouquin. Le baiser de la mort : tu l’embrasses puis tu crèves, sauf si elle t’aime. Là, tu ne l’embrasses pas, même si tu l’aimes à mourir. Les petites Espagnoles en bikini sont mignonnes. Elles ne sont d’ailleurs peut-être pas…

Couler le savoir dans le béton.

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Vincent Francey

Le sourire des portes fermées glacera de terreur ceux qui seront chargés de les ouvrir. Portier, voilà le plus inutile des métiers, voilà la honte de la famille, voilà l’ennui des poissons – les pi-mus sont des poissons – dans le bocal, voilà la mort, la remort et les regrets. Portier, c’est l’humilité qui se cache, non maman, je ne suis pas portier, je suis médecin, cordonnier, chiffonnier, tout sauf portier, non maman, ne souris pas, je sais que tu ne me croiras jamais capable d’être autre…

Vincent Francey

Que nous dit le ciel ? Ce vidéo-poème tente de déchiffrer les mots que le vent fait dire aux nuages.

Vincent Francey

Cet allié

(les alliés ne sont pas des alignés, du moins ils tentent de ne pas l’être constamment)

Vincent Francey

Quelques intrépides sont montés sur la tribune de l’église de Praroman. A l’orgue, Jean-Claude dit 145 : il n’a rien compris aux lois du loto. Puis vient la louange divine, les voix oratoriennes qui tentent de recréer Noël en janvier, qui y parviennent parfois, qui d’autres fois tombent en carnaval. L’orgue avance, impitoyable, il faut le suivre, ne pas se laisser perturber par la faute du voisin. Chacun à son tour se plante, écorche l’allemand, monte trop vite vers un Dieu qu’il espère…

La cohorte des philosophes d’antan a tendance à fondre comme neige au mois de mai. Qui reste-t-il ? Socrate ? C’est un joueur de foot, non ? Platon ? Un film sur le Vietnam. Aristote ? Harry ist tot. Diogène ? Il paraît que ça rend sourd. Chrysippe ? Qui Chrysippe ? Plus personne ne crie en slip parmi les philosophes, surtout pas quand ils sont, comme Chrysippe, stoïciens. Un stoïcien, ça sait se tenir, ça se maintient droit comme un i dans la tempête, ça se tait dans l’adversité, ça dit oui à…

Vincent Francey

Le temps ou l'argent ? Quelques réflexions à propos de mon avenir, où cette question est centrale.

Vincent Francey

Kebab et pizzeria à la fois, ça sent la maffia turque à plein nez. Un fumet subtil d’oignon, de tomate, de viande recomposée et de kalachnikov se dégage d’un antre mi-sicilien mi-erdoganien. Des jeunes y viennent pour sentir le vent du boulet. Ils frôlent le djihad en se gavant de dürüm ou se bastonnent à grands coups de penne carbonara. Les serveurs mal rasés les regardent d’un air méfiant. Ils ont l’air trop africains ou trop suisses, ces freluquets. Epiçons le kebab façon vendetta, ils ne…

Vincent Francey

Dialogues philosophiques ou voluptueuses horreurs ? Les deux, monseigneur. Sade, ce sont les Lumières qui aveuglent tant qu'elles replongent dans l'ombre. Sade, c'est le plaisir à son point de bascule dans le dégoût. Sade, ça se lit couché, lubrique, amusé et triste à la fois. Sade, ça se savoure amer. Sade, ça déçoit toujours, parce que le plaisir, plus il est poussé à son paroxysme, plus il déçoit. Sade, au fond, c'est sérieux, et c'est cela qui rend son lecteur si désenchanté.

Vincent Francey

L'ombre de la déesse plane sur Constance. Un ange de pierre se penche vers elle qui regarde le lac et les bateaux et les promeneurs et les tentatives nuageuses qui bourgeonnent sans relief. Un homme à chapeau, désœuvré, tente un garde-à-vous face à l'ange-capitaine. Personne ne prendre garde au faux soldat. Les badauds baguenaudent, ils sont à la recherche du marchand de glace et du quai pour l'île aux fleurs. Les jets d'eau, sages, ne poignardent aucune colombe. Le gazon peine à pousser.…

Vincent Francey

- Entendu.

- Vu ?

- Entendu.

- Mais vu ?

- Entendu, vu.

- Les deux ?

- Entendu.

- Pas vu ?

- Entendu, vu.

- Donc, les deux.

- Entendu.

 

Vincent Francey

La danse sur un volcan des bolcheviks nostalgiques fait chaud dans le dos. On y piétine des goulags en carton-pâte, comme si la Révolution d'Octobre n'avait été qu’une orgie d’accordéons tziganes et de vibratos gravissimes. On y pleure quelques larmes du crocodile Staline en regrettant le temps béni de la NEP et de la Grande Terreur. On y hurle des passions assassinées qui fuient la Tcheka et le KGB sur le traineau du docteur Jivago. On s’y noie dans des océans de vodka frelatée comme un moine…

Vincent Francey

C’est du jus de cabouillat qui coule dans vos veines vides, c'est du bouillon cabouillé, c'est de l’agave à gaver grave, c'est de la tresse très saillante et c'est de l’herbe gonflée qui brouille votre cervelle brouillonne. Dans votre caboche cabriolée, ça macère assez sévère, ça hume et ça fume humide, ça cabotine en cabillot, ça câble accablé, ça cambriole comme un cabri cabriolet. Qu’est-ce qu’un cabouillat ? T’as qu’à bouillir et tu sauras.

Vincent Francey

Quand la Concorde débarque à Châteaurenard, ça n’est pas pour faire de la figuration. C’est pour pénétrer en fraude à la piscine municipale, pour jouer la Marseillaise à tue-tête presque aussi fort que les cigales et pour boire un petit pastis, allez encore un ! Vous n'auriez pas de la Suze ? si, magnifique, alors encore une ! Santé ! non de non de non de non de non, la chotte !

Vincent Francey

Accumulation de savoir dormant.

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Vincent Francey

Il est des femmes qui perdent la tête, c'est leur marotte. Il est des hommes qui la perdent pour elles, c'est leur malheur. Les hommes qui perdent la tête pour des femmes folles ont des mamans qui perdent la tête pour leurs fils fous, c'est un malheur plus grand encore. Les mamans qui ont perdu la tête, qui reste-t-il pour les consoler ? Le curé, quant à lui, baisse la tête. Il est perdu dans son bréviaire.

Vincent Francey

Petit vidéo-poème réalisé dans le quartier de la Vignettaz, à Fribourg, avec en musique de fond le vieux chalet, par Thierry Lang.

Vincent Francey

Voici mon journal recalé du matin de Pâques dans mon bel uniforme de la Concorde et en remerciement à la revue de relève littéraire L'épitre www.lepitre.ch qui publie aujourd'hui même un petit texte de mon cru.

Vincent Francey

Ce sera

Vincent Francey

Magali s'extasie. Antoine aimerait savoir ce qu'on fait. Lionel demande qui veut une bière. Maman veut qu’on mette un panneau. Julien a envoyé les chiens dehors. Florian dit non. Dany boit en cachette. Lionel dit que c'est moins cher. Magali prétend que c’est bon au naturel. Lucas le voit souvent. Papa ricane. Florian soupire. Antoine appelle Laura. Dany transpire beaucoup au boulot. Claudine réclame un petit peu de monnaie. Julien dit stop. Maman veut aller à la banque et à l'hôtel. David…

Vincent Francey

Sociologue industriel du travail à la chaîne, société enchaînée, industrieuse société travailleuse à la chaîne et travailleurs de sociologie entraînés dans la chaîne de la société : un sociologue, ça travaille ? Un sociologue, ça livre des livres à la chaîne et ça traîne ses livres au bout de sa chaîne ; un sociologue industrieux, ça travaille ses livres à la chaîne et son travail, c’est le travail des autres qui l’entraîne, et son industrie, c’est celle du travail que d’autres font à sa place,…

Vincent Francey

Sur la vitre, en rose et vert, des équations invitent l’unique client à la migraine. Sur la scène, une femme invisible, perchée nonchalamment devant un micro, se demande, érotique comme jamais ne pourrait rêver de l'être une femme réelle, s’il faut partir ou s’il faut rester. Should I stay or should I go ? La pluie a assombri la rue de Morat et le mur de la prison monacale qui fait face au lounge bar, faux salon où derrière une tapisserie décorée de tableaux invisibles deux Espagnoles se…

Vincent Francey

D’où viennent les lois ? de Dieu ? de la nature ? des hommes ? Montesquieu ne tranche pas, il réfléchit aux mille et une formes que revêtent les lois. Il les fait dépendre des systèmes politiques, de l’histoire et – j’en passe, et des meilleurs – du climat. Il compare les démocraties, les monarchies et les despotismes. Il divise les pouvoirs. Il s’égare dans des considérations commerciales, religieuses ou juridiques qui souvent laissent le lecteur moderne sur le bas côté, tant il se veut…

C’est à l’ombre qu’il faut se préparer à suer. Debout contre le mur, assis par terre, couché dans l’herbe, coincée dans les tuyaux d’un trombone, peu importe, il faut rester en veille, prêt pour le clac, en zyeutant d’avance le bâton qui fait l’hélico, en se levant du pied gauche sur le premier temps, en ne laissant pas tomber sur la route trop de dièses et de bémols. Fanfare… Les têtes se tournent. Clac ? Non, rien. En l’honneur de nos origines militaires, nous attendons pour marcher et nous…

Vincent Francey

Le jeune noble qui l’avait apportée dit alors :

Vincent Francey

Edith Piaf, ce ne sont pas que des plaintes larmoyantes, des amours brisées et la pathétique déchéance d’une femme trop émotive. C’est aussi une conteuse qui nous plante dans des lieux fantastiques comme ce far-west mélancolique où les filles s’appellent Soledad et se brûlent les ailes à des fermiers taiseux. Le décor est connu. Il donne à rêver à des nuits torrides sur la paille et à des ciels immenses qu’on touche d'un doigt. Puis on s’enfonce petit à petit jusqu’au Nevada, au cœur d'un ce des…

Vincent Francey

Rendre présent. Donner vie aux mannequins qui déambulent. Je vous présente madame X. Elle a soudain un nom. Je vous présente monsieur Y. Ils se connaissent. Je me présente : je sais qui je suis. Maintenant que les présentations sont faites, le jeu est ouvert. Puis on s’absente, et le jeu se referme. Il faut recommencer. Je vous présente madame Y. Ah oui, il me semble que… Je vous présente monsieur X. Ah non, encore lui, très peu pour moi. Je me présente : c’est bon, je sais qui je suis. Du…

Vincent Francey

Le chaud raccourcira ce texte. Les grandes vacances commencent : faisons la grève de l’écriture.

Vincent Francey

Parquet qui craque, clarinettes qui couinent.

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Vincent Francey

Brin de bruyère fané

Le printemps est né

Où es-tu passée

Le temps pue

J'attends encore

Vincent Francey

Vidéo-poème en accéléré, comme la course vers la chaos qui nous anime tous, dans laquelle vous pourrez voir une dernière fois l'ancien tilleul de la colline de Torry.

A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.

Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.