Blog suisse de littérature

Bienvenue sur lie tes ratures

Bienvenue sur lie tes ratures, le blog de mes expérimentation littéraires, où vous pourrez notamment feuilleter mon carnet de bribes et de réflexions diverses, mon album de photos prises à heure fixe, mes pérégrinations diverses ainsi que les livres qui m'inspirent.

 

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Ailleurs, c’est une utopie.

Le décalage se marque par le silence. Ils parlent football. Etes-vous Barça ou Juve ? Real ou Bayern ? Je m’en fiche éperdument. La FIFA est corrompue jusqu’à l’os ? On fait semblant de s’en offusquer et on reste supporteur de son club acheté par le Qatar comme ils ont acheté la coupe du monde. On continue à se déchirer les ligaments sur les pelouses en hurlant des immondices à l’adversaire. On s’ébaubit devant la victoire du FC Sion en coupe de Suisse et on en vient à béatifier (il faut bien…

Hallo, dit la dame, pendant que le chien pisse.

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Walking dead. Promenade des morts. Saison printanière. Rien d’horrifique. Amourettes mort-nées. Même si tu revenais… mort à jamais. Comme des marionnettes : qui sont les morts, qui sont les vivants ? Sommes-nous déjà les morts pour d’autres plus vivants que nous ? Notre vie n’est-elle qu’un cauchemar interrompant le long sommeil de notre mort ? Nous errons tels des zombies, nous voguons sur les flots du fleuve, jamais tout à fait les mêmes, jamais tout à fait des autres, et nous aimons des…

Cracheur de temps, en souvenir de la fête médiévale des amis de la tour de Montagny

Selon Walter Benjamin,

(avouons, à notre plus grande honte, ne jamais avoir lu cet auteur que de partout on nous pousse à vénérer)

Nicolas avait trente ans. Il préférait en ce temps-là le sein au saint et guerroyait à tout va, la lance au vent. Nous autres braves Helvètes sommes ses enfants. Il nous sema gaiment dans les campagnes bourguignonnes. C’est depuis ce jour-là que nous sommes les rois de la fondue. Le souvenir, me chantez-vous, est hésitant. Certes, mais Dorothée – l’épouse de Nicolas, pas la copine des Musclés, qui ne chantait pas encore en ce temps béni – fut cocue bien avant que son mari ne la plaque pour…

Théodule Ribot, voilà un nom qui sent la naphtaline, un nom tout droit sorti d’une obscure officine savante prenant la poussière depuis le dix-neuvième siècle, un nom qui fleure bon le Collège de France (après vérification faite sur Wikipédia, sans quoi aucun étalage de culture ne serait possible aujourd’hui, mon intuition – ou mon coup de génie – se trouve confirmée : Théodule Ribot fut en effet dès 1889 titulaire d’une chaire de psychologie expérimentale et comparée au Collège de France, je…

Rite de décembre : la soupe au piotons

Est-ce un chien ou une serpillère ? Donnons un coup dedans pour voir.

Aventure de glace et de sang, ce roman complexe emmène le lecteur dans le blanc labyrinthe vierge du Groenland. Tout commence par un enfant qui tombe d’un toit et par des traces dans la neige que Smilla, l’étrange femme qui raconte tout cela, trouve suspectes. L’enfant n’est pas tombé tout seul. On l’a aidé. Qui ? Pourquoi ? Smilla mène l’enquête, rencontre des scientifiques qui cachent des secrets et un mécanicien attentionné, échappe au feu et à l’océan, embarque pour des terres inconnues…

Fuyez, braves gens, fuyez ! Quittez ces lieux maudits avant qu’elle n’ait tout envahi ! Suivez le chien, il a senti la catastrophe avant vous ! Grouillez-vous comme grouille la verdure qui déjà a bouffé le rez-de-chaussée et qui monte, qui monte, qui monte, qui ne fait pas guiliguili, qui ronge les poutres vermoulues, qui redonne vie aux colombages à nouveau branches et qui se venge des ravages de l’humanité désormais sans abri alors que l’orage gronde et que demain ce sera le déluge, la noyade,…

Une tête assez longue, portant fine barbe, les cheveux ramenés en arrière que retient une épingle de bois.

« Le cœur chaud et la motte humide », ne voilà-t-il pas un idéal qu’on se verrait bien tripoter ?

Vincent Francey

On a d’emblée plus de respect pour un burgrave que pour un maire, trop efféminé, ou que pour un syndic, trop revendicatif.

« Une mouche patine sur la planche à fumier, glissant vers la courtine où la merde l’attendait. » La mélodie s’entête dans le cul. Elle se dévergonde comme des musiciens en fin de Broyarde, après le massacre de Marignan.

Pour de vrai sur le lieu du retour : le canard n’a plus de plume.

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Laisser en bruit de fond les vélomoteurs, parce que la route. 66. Laisser en souvenir un prénom, parce que rien. 666. Poésie diabolique. Qui sont les mennonites ? Je me souviens qu’il est doux et sonore, ce prénom, je me souviens des roses. Mignonne. Rien vu passer. Rose elle a vécu ce que vivent. Je me souviens d’Antoine : « Ce n’est qu’une question de saison, les vôtres n’ont encore que des boutons. »

Deuxième entrelac

Tandis que le verbe

(au commencement était le verbe mais quel verbe était le verbe au commencement ?)

Monotonie des pas. Le marcheur ne s’entend plus poser le pied. Il croit voler. Au vent. Mais les pas continuent, réguliers parfois, s’accélérant d’autres fois, prenant leur temps, toujours binaires, parfois heurtés, jamais arrêtés, même par le congénère à qui il faut dire bonjour par tradition.

Le nom, ça fait acteur de série.

Comment faire ?

Pour vivre heureux, vivons cachés. Vue sur un mur ? Mais aussi sur la cathédrale. Un trou ? Mais aussi un rognon de veau à tomber. Pas un chat ? Mais la paix.

Le rêve de tout comédien : mourir sur scène. Celui qui joue ici le Prix Nobel a de quoi être comblé, puisqu'il passe son temps à mourir sur scène. Le problème, c’est qu’il passe aussi son temps sur scène à ne plus être mort et à regarder les autres mourir sur scène. De retour dans l’atelier de ses débuts de peintre manqué pour éviter de mourir à la clinique où pourtant il vient justement de mourir, le voilà en compagnie d’un peintre tout aussi manqué que lui et d’une femme dans les bras de qui…

Le Creux-du-Van, c’est le plaisir d’un suicide qu’on diffère.

Vous ayant tout mandé dans ma dernière dépêche, je n’ai absolument rien de nouveau à vous dire aujourd’hui, sinon que le cardinal Bussi est arrivé hier de Bénévent ; on attend aujourd’hui les cardinaux Albani, Macchi et Opizzoni.

Le kitsch austro-hongrois est plus supportable que le kitsch ordinaire parce qu’il réveille un empire disparu dans les brouillards d’un passé de paillettes et de baise-mains qu’on regrette un peu, au matin du 1er janvier, la tête lourde et l’oreille noyée dans un Danube qui n’a de bleu que le souvenir. La veuve joyeuse de jadis s’est mise à pleurer. On se sent l’envie de lui passer sur la joue un mouchoir de flanelle brodé aux initiales de Sissi Impératrice et on sort ses tempos en pleurant dans…

Il se cache sous sa barbe quelque part entre Altdorf et Stans, le Suisse primitif.

Ecrire sur rien comme le Flaubert de Madame Bovary est-il l’idéal d’écriture le plus pur ?

Du sang sur le banc. Un déménagement. Le corps enroulé dans un tapis.

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Marie Laurencin désormais n’est plus qu’un nom dans une chanson de Joe Dassin, une sorte de pin-up qui se dandine sur les dunes le cul à l’air. Pourtant Apollinaire, qui aima jadis la même Marie Laurencin, évite – nous hélas pas – de tomber dans le scabreux. Certes, l’arlequine s’est mise nue mais l’étang ne mire que l’idée de son corps, son corps poétique, son corps inventé sur les tréteaux d’un théâtre intérieur amoureux. Qui sont ces fées ? Qui sont ces Bohémiens ? Qui sont ces biches et ces…

Tristes bateaux : quand ils s'ennuient à quai sous la pluie.

Cela paru raisonnable

(mais le cœur a ses raison que la raison ne connaît pas)

Etat des lieux.

Les enfants dans la neige glissent et grincent. Il faut avoir vingt-huit yeux derrière la tête pour s’y et les retrouver. Où est passée Béatrix ? C’est laquelle, Béatrix ? Celle qui a disparu. C’est pas sûr que ça va m’aider pour la reconnaître. Là, il y a… Non, ça, c’est le bébé ; Béatrix, c’est pas le bébé ? Euh… ça dépend jusqu’à quel âge on est bébé, mais le bébé, il est plus petit que Béatrix, et il est là, donc non, Béatrix, c’est pas le bébé. Et Alexandre, c’est lequel ? Alexandre, c’est…

Des voix entremêlées qui s’enguirlandent sans colère pour atteindre en leurs caresses sinueuses l’accord parfait qu’en tâtonnant chacune pleurera tour à tour. Soudain : c’est ensemble. Soudain : ça sonne. Musique dans le noir, son écho sur les pierres, mille regrets, vraiment mille et mille encore, milliers de millions de regrets solitaires, milliers de millions de regrets de quoi ? Il suffirait de chercher à saisir ce que ça dit. Milliers de millions de regrets de vous abandonner ? J’ai si…

- Je veux pas bringuer, Marie-Chantal !

- C’est tout bien, c’est tout bien.

Lire un film sans l’avoir vu, étrange expérience. Les paysans du Midi, le curé et l’instituteur (chez nous, on aurait dit le régent), dans le livre, n’ont pas l’accent, ou alors celui de Fribourg mais avec des peuchère à la place des dont. Le vieux Jofroi devient fada (ou bedoume ou tépelet ou tarborniau ou boffio ou niolu) parce que sous le prétexte fallacieux qu’il les lui a achetés, un voisin veut lui couper ses arbres. Le voilà qui passe son temps à se suicider en hurlant à la cantonade le…

Fin de route. Après, gros dilemme : randonner sur les hauts sommets d’Appenzell ou déguster vautré à l’ombre des arbres nus une chopine de bière locale ?

A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.

Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.