Blog suisse de littérature

Bienvenue sur lie tes ratures

Bienvenue sur lie tes ratures, le blog de mes expérimentation littéraires, où vous pourrez notamment feuilleter mon carnet de bribes et de réflexions diverses, mon album de photos prises à heure fixe, mes pérégrinations diverses ainsi que les livres qui m'inspirent.

 

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« Le cœur chaud et la motte humide », ne voilà-t-il pas un idéal qu’on se verrait bien tripoter ?

Vincent Francey

On a d’emblée plus de respect pour un burgrave que pour un maire, trop efféminé, ou que pour un syndic, trop revendicatif.

« Une mouche patine sur la planche à fumier, glissant vers la courtine où la merde l’attendait. » La mélodie s’entête dans le cul. Elle se dévergonde comme des musiciens en fin de Broyarde, après le massacre de Marignan.

Pour de vrai sur le lieu du retour : le canard n’a plus de plume.

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Laisser en bruit de fond les vélomoteurs, parce que la route. 66. Laisser en souvenir un prénom, parce que rien. 666. Poésie diabolique. Qui sont les mennonites ? Je me souviens qu’il est doux et sonore, ce prénom, je me souviens des roses. Mignonne. Rien vu passer. Rose elle a vécu ce que vivent. Je me souviens d’Antoine : « Ce n’est qu’une question de saison, les vôtres n’ont encore que des boutons. »

Deuxième entrelac

Tandis que le verbe

(au commencement était le verbe mais quel verbe était le verbe au commencement ?)

Monotonie des pas. Le marcheur ne s’entend plus poser le pied. Il croit voler. Au vent. Mais les pas continuent, réguliers parfois, s’accélérant d’autres fois, prenant leur temps, toujours binaires, parfois heurtés, jamais arrêtés, même par le congénère à qui il faut dire bonjour par tradition.

Le nom, ça fait acteur de série.

Comment faire ?

Pour vivre heureux, vivons cachés. Vue sur un mur ? Mais aussi sur la cathédrale. Un trou ? Mais aussi un rognon de veau à tomber. Pas un chat ? Mais la paix.

Le rêve de tout comédien : mourir sur scène. Celui qui joue ici le Prix Nobel a de quoi être comblé, puisqu'il passe son temps à mourir sur scène. Le problème, c’est qu’il passe aussi son temps sur scène à ne plus être mort et à regarder les autres mourir sur scène. De retour dans l’atelier de ses débuts de peintre manqué pour éviter de mourir à la clinique où pourtant il vient justement de mourir, le voilà en compagnie d’un peintre tout aussi manqué que lui et d’une femme dans les bras de qui…

Le Creux-du-Van, c’est le plaisir d’un suicide qu’on diffère.

Vous ayant tout mandé dans ma dernière dépêche, je n’ai absolument rien de nouveau à vous dire aujourd’hui, sinon que le cardinal Bussi est arrivé hier de Bénévent ; on attend aujourd’hui les cardinaux Albani, Macchi et Opizzoni.

Le kitsch austro-hongrois est plus supportable que le kitsch ordinaire parce qu’il réveille un empire disparu dans les brouillards d’un passé de paillettes et de baise-mains qu’on regrette un peu, au matin du 1er janvier, la tête lourde et l’oreille noyée dans un Danube qui n’a de bleu que le souvenir. La veuve joyeuse de jadis s’est mise à pleurer. On se sent l’envie de lui passer sur la joue un mouchoir de flanelle brodé aux initiales de Sissi Impératrice et on sort ses tempos en pleurant dans…

Il se cache sous sa barbe quelque part entre Altdorf et Stans, le Suisse primitif.

Ecrire sur rien comme le Flaubert de Madame Bovary est-il l’idéal d’écriture le plus pur ?

Du sang sur le banc. Un déménagement. Le corps enroulé dans un tapis.

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Marie Laurencin désormais n’est plus qu’un nom dans une chanson de Joe Dassin, une sorte de pin-up qui se dandine sur les dunes le cul à l’air. Pourtant Apollinaire, qui aima jadis la même Marie Laurencin, évite – nous hélas pas – de tomber dans le scabreux. Certes, l’arlequine s’est mise nue mais l’étang ne mire que l’idée de son corps, son corps poétique, son corps inventé sur les tréteaux d’un théâtre intérieur amoureux. Qui sont ces fées ? Qui sont ces Bohémiens ? Qui sont ces biches et ces…

Tristes bateaux : quand ils s'ennuient à quai sous la pluie.

Cela paru raisonnable

(mais le cœur a ses raison que la raison ne connaît pas)

Etat des lieux.

Les enfants dans la neige glissent et grincent. Il faut avoir vingt-huit yeux derrière la tête pour s’y et les retrouver. Où est passée Béatrix ? C’est laquelle, Béatrix ? Celle qui a disparu. C’est pas sûr que ça va m’aider pour la reconnaître. Là, il y a… Non, ça, c’est le bébé ; Béatrix, c’est pas le bébé ? Euh… ça dépend jusqu’à quel âge on est bébé, mais le bébé, il est plus petit que Béatrix, et il est là, donc non, Béatrix, c’est pas le bébé. Et Alexandre, c’est lequel ? Alexandre, c’est…

Des voix entremêlées qui s’enguirlandent sans colère pour atteindre en leurs caresses sinueuses l’accord parfait qu’en tâtonnant chacune pleurera tour à tour. Soudain : c’est ensemble. Soudain : ça sonne. Musique dans le noir, son écho sur les pierres, mille regrets, vraiment mille et mille encore, milliers de millions de regrets solitaires, milliers de millions de regrets de quoi ? Il suffirait de chercher à saisir ce que ça dit. Milliers de millions de regrets de vous abandonner ? J’ai si…

- Je veux pas bringuer, Marie-Chantal !

- C’est tout bien, c’est tout bien.

Lire un film sans l’avoir vu, étrange expérience. Les paysans du Midi, le curé et l’instituteur (chez nous, on aurait dit le régent), dans le livre, n’ont pas l’accent, ou alors celui de Fribourg mais avec des peuchère à la place des dont. Le vieux Jofroi devient fada (ou bedoume ou tépelet ou tarborniau ou boffio ou niolu) parce que sous le prétexte fallacieux qu’il les lui a achetés, un voisin veut lui couper ses arbres. Le voilà qui passe son temps à se suicider en hurlant à la cantonade le…

Fin de route. Après, gros dilemme : randonner sur les hauts sommets d’Appenzell ou déguster vautré à l’ombre des arbres nus une chopine de bière locale ?

J’espère que les choses vont bien, pouvant vous envoyer une douzaine de millions à Paris ; cela ne vous fera pas de mal pour l’armée du Rhin.

Le sacré, chez Mozart, c’est toujours de l’opéra.

« Tu m’auras pas... »

Je suis un boubou, un bourgeois-bouseux, un paysan qui écoute du jazz mais qui n’y joue pas.

Sous l’eau, les corps sans tête s’évaluent : la fille au bikini noir largement devant la vieille en mono ; tout au fond, l’homme qui nage debout.

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Aile une hic corps d’eau des troncs pètent Marie ne…

Elu nique corde haut détrompe et te marre y ne…

Elle eut ni queue cor d’os d’étron péteux Ma rit nœud…

 

Etre né quelque part, c'est toujours un hasard. Etre né à Montagny, l'est-ce aussi ?

Vers toi : vidéo-poème forestier.

Lorsque je

(mais était-ce encore moi ?)

Toujours des voix, comme Jeanne d’Arc autrefois, des voix au loin, de vagues voix derrière le mur, des voix étrangères, des voix étranges, les voix secrètes des femmes qu’on ne voit pas, les échos des désirs inassouvis m’empêchant de dormir.

Forçat repenti, Jean Valjean pas gentil qui tourne en Javert, Vautrin le roux reste tapi dans l’ombre. Personnage ambigu, effrayant, faux, on a l’impression – depuis combien d’année n’ai-je pas lu Balzac ? – de n’avoir devant son œil qu’une silhouette sur un mur, une sorte de fantôme, mais peut-être cette impression n’est-elle due qu’à ma mémoire défaillante, qu’au traumatisme scolaire que fut, à l’âge où lire veut dire trépider, mon premier contact avec Le Père Goriot, les quarante pages…

Deux femmes aux cheveux corbeau parlent sorcières et contes de fées sous une poule en fer et une fourcheuse antique.

Le trait de Cingria souvent déborde de la page. Il veut décrire ses contemporains et se retrouve à parler de tortues géantes et de Lotharingiens. Mais, comme les chats qu’il aime tant, soudain, quand on ne l’attendait plus, il retombe sur ses pattes et brosse dans le sens du poil des portraits vivants et drôles de personnages rocambolesques et ridicules, toujours sympathiques, lumineux et surprenants. Le lecteur sent monter l’ivresse des mots, il se perd parfois, rigole souvent et sort de ce…

A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.

Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.