Blog suisse de littérature

Bienvenue sur lie tes ratures

Bienvenue sur lie tes ratures, le blog de mes expérimentation littéraires, où vous pourrez notamment feuilleter mon carnet de bribes et de réflexions diverses, mon album de photos prises à heure fixe, mes pérégrinations diverses ainsi que les livres qui m'inspirent.

 

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Vincent Francey

Voici la cinquième vidéo-poésie de la série Entrelac, réalisée au bord du lac de Morat, avec la musique de Jacques Ibert.

Vincent Francey

Est-il croyable

(Il ne s’agit pas de croire, mon fils, il s’agit de faire confiance à la vérité.)

Vincent Francey

La poésie peine à donner de la voix. Les bruits du monde l’écrasent. Tous ils préfèreraient ne pas l’entendre, parce que ce qu’elle leur dit, il faut le laisser résonner et raisonner, infuser et distiller une société rêvée sans autre violence que celle des mots. D’aucuns s’offusquent : on n’y comprend rien. Certes, mais contrairement aux discours ambiants, on ne peut pas faire semblant de connaître d’avance la réponse à l’énigme. L’obscurité du langage est partout, mais c’est en poésie seule…

Vincent Francey

Voilà dix ans que je joue de la clarinette à la Concorde de Montagny-Cousset. Cela méritait bien une petite vidéo.

Vincent Francey

C’était cool, les coolies, au temps joli des colonies, t’en souviens-tu, ma jolie ? Cools coolies dans le riz, cools coolies dans le nem, c’était cool, les coolies, au temps joli des colonies, au temps joli des colonels, au temps joli des collabos, c’était cool, les coolies, au temps joli des colonies, t’en souviens-tu, ma jolie ? Ça s’appelait Cochinchine, ça t’émoustillait, ma jolie, tous ces cools coolies des colonies, ça s’appelait Tonkin, te souviens-tu des Tonkiki des Tonkinoises, ma…

Vincent Francey

Renouons, puisque nous avons pignon sur rue piétonne, avec une antique passion : regarder passer les culs. Les conditions sont parfaites pour s’adonner au voyeurisme : trente degrés à l’ombre, canicule qui m’emballe, nouvelles lunettes et célibat prolongé. Levons donc les yeux et, lubrique, bavons devant les pures beautés callipyges qui remontent et redescendent la rue de Lausanne.

Vincent Francey

Deux nouvelles, La preuve, puis Un long voyage, deux solitudes qui se cherchent l'une l’autre, celle d’un (grand-)père qui perçoit un début d’écoute chez une (petite-)fille, celle d'une (petite-)fille qui découvre son (grand-)père.

Vincent Francey

C’est l’heure où Zorro a tombé le masque, redevenant enfin don Jean-Marie de la Vega, l’heure où le cocktail Superman a définitivement vaincu Wonder Woman, l’heure où Thor s’est métamorphosé, tel Ben Ten, en Barman. Les bouteilles sont vides, la mainmise des plus de dix-huit ans est assurée et les bougies seront bientôt éteintes. Il ne reste plus qu'à ajouter à la photo cette musique qui martèle nos têtes héroïques plus que Thor lui-même, dont l’ombre semble diriger un orchestre symphonique…

Une harpe pour rendre la mort plus douce.

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Vincent Francey

Une catastrophe naturelle s’était abattue sur un pays, à l’autre bout du monde. Chez nous, comme d’habitude, tout le monde s’en foutait. On regardait les infos d’un œil vaguement triste. On se disait « les pauvres ! », puis on zappait et on mettait Joséphine ange gardien en se disant que tout le monde ne peut pas être parfait, qu’on ne peut pas accueillir toute la misère du monde, que ma foi, à chacun sa merde. Puis on rezappait. On engueulait la télé quand l’arbitre donnait un penalty…

Vincent Francey

Le piano sombre du dimanche soir, la chute du corps dans le vide, l’âge qui vient, les doigts qui s’agitent sur le clavier docile : ça ne rigole pas. Le monde… Pianotons encore, à peu près n’importe où et n’importe quoi, en liberté surveillée. On jouera chacun notre petite musique, on s’inventera du génie, on s’acharnera sur les touches pour ne pas s’acharner ailleurs. On en viendra à dormir sans cauchemar au réveil. On en viendra à mourir.

Vincent Francey

- Vous êtes brillante, mademoiselle, je dirais même plus, vous êtes surbrillante, mademoiselle.

Vincent Francey

Petit plaisir d’écriture, quand les fils tirés se recousent à l’improviste. L’homme à la valise est de retour. On commence à piger. C’est étrange comme les idées viennent. On pense que toutes les balises qu’on a lancées se sont perdues dans l’océan, mais elles remontent à la surface en prenant un sens qu’on n’avait pas prévu mais qui soudain semble évident. Il m’est impossible d’écrire en suivant un plan, parce que j’y perds ce plaisir du hasard d’un dénouement qui va jusqu’à me surprendre…

Vincent Francey

À force de n'aimer qu'à peine, jamais on ne se marie.

Promenade faussement patriotique au bord du lac de la Gruyère.

C’est par lui

(lui qui luit lui qui lut oui lui)

Quand arrive le trio (ah, c’est le trio !), la percussion est censée jouer moins fort. Moins quoi ? Tu veux quand même pas qu’on tape doucement sur la grosse caisse ? On n’est pas des clarinettistes ! Et pis quoi encore ? Pendant que t’y es, on sort le triangle et on se secoue les maracas ! Une marche, c’est une marche et ça se joue à coin, droit bas du début à la fin. Et puis, bon, il faut que les trompettes et le cor entendent le temps pour pouvoir planter leurs clous comme il faut, sinon ça…

Entendez-vous dans nos campagnes ? Ça mugit féroce, bonnes gens, il est temps de planquer vos fils et vos compagnes dans vos bunkers, parce qu’il y a de l’égorgement dans l’air, ça va pas tarder à vous péter à la gueule, cette affaire, moi je dis. Ne voyez-vous pas déferler sur les nantis ces hordes sanguinaires de gilets jaunes assoiffés de vengeance ? Ne sentez-vous pas ce délicat fumet de guillotine vous titiller les narines ? N’apercevez-vous pas sur l’horizon cette fumée qui sans feu ne…

Petite réflexion sur la mort et la musique, accompagnée par Charles Gounod.

Une plage sans sable, coincée entre un hôtel de ville à triste tour et une cathédrale à l’air inachevé, voilà ce que l’on peut se permettre à Fribourg en guise de grandes vacances : une vague ressemblance avec Barcelone. Quelques couples aux jambes encore biantzettes s’assoient sagement sur des transats rose bonbon ou sur des chaises de jardin vert pomme. Ils optent presque toujours pour des cocktails, parce que se poser à une table avec un ordinateur et boire une bière, même exotique parce que…

Les crocs des chiens peuvent briser des vies, surtout placés là où ça fait le plus mal. Il s’appelait Cuéllar, on l’appelle désormais Petit-Zizi. Au début, il s’en agace, puis il s’y habitue, du moins en surface. Puis vient le temps des filles, les copains qui se casent, lui qui ne peut pas, lui qui fait le fou, puis qui tombe pour de bon amoureux, lui qui n’ose rien dire, qui se fait couper l’herbe sous le pied, qui fonce très vite dans sa grosse voiture, lui qui affronte l’océan, lui qui finit…

Je suis au centre du ricochet. Autour, le bleu fait des vagues puis se brise en terre pour mieux s’émietter en ciel. Tout tourne autour de moi. Je suis le centre de la roue d’eau, le cœur du carrosse lacustre, le rien immobile qui meurt du mal de lac. Ces montagnes au loin sont-elles plus que la fêlure de mon esprit pas assez limpide ?

On connaît ses manœuvres. Prêt à tout pour éviter de sortir son porte-monnaie, il trouve toujours le moyen pour oublier de payer leur dû à ses subalternes. Il critique leur travail, forcément mal fait, retient sur leurs salaires des sommes presque aussi importantes que la totalité de ce qu’il leur doit, fait l’étonné si on lui fait remarquer que rien n’a encore été versé, accuse son comptable, ce qui lui permet de retenir également sur le salaire de celui-ci, monte sur ses grands chevaux en…

« Monsieur, on peut faire l’amour ? » La question me prend par surprise en plein cours de français. Pas besoin de déserter ce matin. Si elles avaient dit (eh oui ! elles étaient deux…) « tu viens, mon biquet ? », peut-être aurais-je cédé. C’était un jeudi. Il ne s’agissait que de La Cafetière de Théophile Gauthier. La belle Angela (la petite C., la petite J.) n’était qu’un rêve, qu’un fantasme inassouvi. Tout cela n’est resté que littérature, délire romantique, gribouillis fantastique. Je suis…

Il faut aujourd’hui constamment se former, sinon on reste informe alors qu’il faut être en forme. En quelle forme ? Peu importe. La forme évolue avec la mode, avec le vent, avec la rapidité d’un tweet que personne ne lit et avec les injonctions des picsous qui nous gouvernent. Il faut se former au bilinguisme, à la pelote basque, à la bureautique, à la rumba, au management participatif, à la méditation zen, à la culture du chou de Bruxelles en zone tempérée (activité pour laquelle je suis hélas…

Des voix et un nom.

Gargouillis de fontaine, eau de pluie sous les pneus, klaxons bernois, deux vieux, leur bouche qui remue, la voix du vent dans mes oreilles.

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Lire est un voyage. Lire-ville. Lire-gare. Lire-port. Lire-pont. Voyager, c’est lire, lire la ville, lire les gares, lire les ports, lire les ponts, lire les fleuves, lire les montagnes, lire les ombres barbues, lire les vieilles photographies, lire les chaînes de fer, lire l’infinie variation du monde-mots, lire l’invariable finitude des mots-monde, lire immobile le voyage impossible des longues vies pendant lesquelles toi, tu m’avais oublié.

Troisième entrelac, à la fin de l'été, sur la plage de Cheyres.

À qui

(COI qui restera cois)

Il faut entrer discrètement, ne pas troubler les voix qui se cherchent, qui se courent après et qui se retrouvent dans des vocalises où Jean-Sébastien s’amuse à nous emmener au paradis. Pour l’instant, c’est la répétition, c’est-à-dire le purgatoire, le temps de la pierre de Sisyphe et de la respiration impossible ; mais déjà l’auditeur qui essaie de se faire tout petit perçoit un coin de ciel bleu au travers des sombres vitraux.

Économiste américain. La fécondité, prétend-il, est liée au marché du travail. Traduction : ça baise au boulot. Autre idée : le BIB (rond). Bonheur intérieur brut. Traduction : plus ça baise au boulot, plus ça croît ; plus ça croît, plus on fait des bébés ; plus on fait des bébés, plus on est heureux – j’aime la vie, je fais des bébés, chante Sarcloret, un fervent easterlinien – ; plus on est heureux, moins on travaille ; moins on travaille, moins ça baise au boulot ; moins ça baise au boulot,…

Quelques réflexions à propos du Journal d'Anne Franck, vu vendredi passé au Théâtre des Osses et lu il y a longtemps.

Sagres en bouteille et barbus faussement éthiopiens, ouvriers portugais et retraités suisses à l’œil triste, voix de partout qui se chevauchent et se racontent une journée ordinaire pleine d’aventures en s'envolant vers les plumeaux qui servent de lampes à ce carrefour coincé entre les montres Festina et le Marché Istanbul, souk ordonné et sans senteurs pour ne pas attrister plus encore l’œil des retraités suisses qui se sentent envahis : voilà la vie quotidienne d’une ville en Suisse. La…

Ambiguïté, tel est le ressort de la nouvelle. Ambiguïté de l’amour. Ambiguïté du genre. Ambiguïté de la séduction. Un homme raconte une histoire à une femme pour la séduire. C’est l’histoire d’un autre homme et … arrivent l’ambiguïté, le ridicule et le tragique mélangés, le règne des apparences qui déborde sur le principe de réalité. Qui est ce vieillard étrange ? Quel fut son drame ? Pourquoi faut-il que les hommes amoureux soient si dupes ?

Le Rhône est jaloux de la Sarine. Lui aussi, il voudrait être fribourgeois. Alors il demande à l’ombre des sapins de le couvrir en s’arrangeant pour écumer de l’autre côté. C’est plus écolo que les sacs de farine et le charbon.

Jean Calmet se savait frère de cette eau : elle coulait en lui, elle le traversait, elle l’emportait à travers la plaine vers les collines boisées, les herbages, les villes allemandes, le Rhin…

Après l’horreur, après le massacre du Bataclan, il faut hurler la douceur de la France, sa frivolité, sa légèreté, ses chansons de rien, ses mots rigolos (fesse-mathieu ou guilledou), ses terrasses de novembre, ses marchands de bon Dieu inoffensifs, ses laïcards en liberté, ses Charlie, ses Charlots et ses Charlus. La vie à la française, c’est le contraire de la connerie des fanatiques, c’est un boulevard à l’ironie, un dessin de Cabu, une rengaine oubliée de Maurice Fanon.

Voilà un mot qui fait instantanément mal à la tête et au dos. Que signifie-t-il ? Etre bloqué dans son lit avec une sciatique ? Scier son lit en deux parce qu’il est infesté de tiques ? Pire : c’est une lampe qui supprime les ombres, une sorte de Lucky Luke des salles d’opération qui évite au chirurgien de se tromper : « Veuillez nous excuser, monsieur, nous avons greffé un foie sur votre ombre. Elle l’a rejeté à la tombée de la nuit. » Avec le scialytique, plus l’ombre d’un doute : à votre…

Appel. Ils sont venus, ils sont tous là. L’un après l’autre, ils tentent le coup, bavardent à foison ou se laissent tirer les vers du nez, font semblant de piger ou pigent vraiment, jouent leur avenir sur le hasard d’un texte. J’écoute, parfois titillé, souvent ennuyé. Je note. Je décide. L’expert, lors des examens oraux, le type inconnu qui gribouille sans cesse, qui lève des fois la tête pour vous dévisager, qui fait la moue ou qui sourit selon ce qu’on dit, ce fut moi aujourd’hui. J’ai été…

A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.

Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.