Blog suisse de littérature

Bienvenue sur lie tes ratures

Bienvenue sur lie tes ratures, le blog de mes expérimentation littéraires, où vous pourrez notamment feuilleter mon carnet de bribes et de réflexions diverses, mon album de photos prises à heure fixe, mes pérégrinations diverses ainsi que les livres qui m'inspirent.

 

Découvrez quelques expérimentations littéraires sur ma chaîne YouTube

Suivez mon journal de lecture, où je propose des réflexions sur les livres.

Découvrez sur Instagram ma photo quotidienne, prise à heure fixe.

Pour plus de contenu encore et pour me soutenir, rendez-vous sur Patreon.

Vincent Francey

Gustave Courbet à Bulle avec des amis

Les vieilles dames se tiennent à l’intérieur. Il y a quand même un petit courant, voyez-vous, à notre âge. Sur la terrasse, je suis seul avec Gustave Courbet (1819-1877), membre d’honneur du Cercle littéraire et de commerce. Il me tient une conversation fort peu disserte. Sur un ton neutre, la radio annonce de mauvaises nouvelles. Un camion-balais nettoie le trottoir d’en face. Alors, monsieur Gustave, quel bon vent vous amène ? Un petit courant, répond une vieille dame, sans oser sortir. Le…

Vincent Francey

Face au succès phénoménal du Trône de fer, deux attitudes sont possibles : premièrement, se laisser happer par la série, la regarder avec fascination et la vivre par procuration en tombant amoureux de Daenerys Targaryen ou de Tyrion Lannister, chacun selon ses goûts ou ses perversités ; deuxièmement, mépriser par principe une série américaine (donc soumise au pouvoir tyrannique – genre Ramsay Bolton ou Joffrey Baratheon – des forces occultes de l’argent roi) qui fait l’apologie de la violence et…

Vincent Francey

Les beaux quartiers se tapissent sous la verdure. Ils paient cher pour réinventer la campagne à la ville. Ils exigent des places de parc plus éparses que la queue-leu-leu des boulevards. Les beaux quartiers, ce qu'ils veulent, c'est de la vue. Jardiniers des beaux quartiers, veuillez tailler cet arbre que nous ne saurions voir. Tout compte fait, veuillez le tronçonner. Les jardiniers s'exécutent. Ils n'habitent pas les beaux quartiers.

- Le fait est qu’il faut que j’aille faire quelques parcours sur les links.

- Les quoi ?

- Les links.

- Les gauches ?

- Quoi, les gauches ?

- Links, en allemand, ça veut dire gauche.

- Tu crois vraiment que je suis de gauche ?

- Peut-être compagnon de route, comme on disait à l’époque. Sérieusement, c’est quoi les links ?

- Tu n’as jamais fréquenté les greens, toi !

- Les verts ? Tu vois bien que tu es de gauche.

- Moi, de gauche ? Tu m’as regardé ?

- En effet, mais alors,…

Vincent Francey

Il y avait jadis à Fribourg une dame qui tournait la manivelle d’un limonaire. Elle me semblait vieille. C’était du temps du Café des Alpes, avant l’invasion commerciale. La dame était petite. Elle ne chantait pas mais avait des airs de Piaf. Les oiseaux l’aimaient bien. Qu’est-elle devenue ? Je n’en connais pas la fin. Ô mon amour… à toi toujours… Jadis, j’y croyais. Peut-être la vieille dame tourne-t-elle encore sa manivelle, peut-être est-elle accompagnée à l’accordéon par Boubi Blues.…

Vincent Francey

Le plus simple, pour mesurer la température de l’eau, c’est d’y plonger les mains. Si celles-ci ne parviennent pas à en ressortir, c’est que l’eau n’est pas bonne. Si elles se précipitent hors de l’eau à l’instant même où elles l’effleurent, c’est aussi mauvais signe. Et si elles font la vaisselle, ce sont des mains de femme.

Vincent Francey

Tout à l’heure, j’observais une toile d’araignée en écoutant Michael Jackson. Seule subsiste la toile. Peut-être l’humanité s’achèvera-t-elle aussi ainsi : ne subsistera que la toile, les fils tendus entre les corps, le réseau vivant d’une entité morte. Déjà le réel s’estompe. On ne sait plus qu’il y a des pauvres. On ne voit que des chiffres qui défilent, des courbes du chômage sans chômeurs, des statistiques sans objet. L’argent n’est plus rien. Il ne sonne plus ni ne trébuche. Il tombe. Dans…

Montagnes : quand la pierre se rêve ciel.

******

Vincent Francey

Que vienne un vent d'elfes, que vienne la forêt batailleuse, que viennent les gypaètes quand le soleil s'épuise à immobiliser le ciel. Que vienne aussi la pluie et que viennent les vierges. Mais les poètes. Non : surtout pas les poètes. Pas d'autan ni d'Attys, des pins peut-être, des pigeons, mais jamais, jamais de poètes.

Vincent Francey

Vidéo-poème qui tente d'explorer le quartier Beauregard à Fribourg en cinq regards 3D inspirés par le premier interstice de l'atelier d'été 2019 "pousser la langue" de François Bon : www.tierslivre.net/ateliers/aquariums-zooms-3d-interstice-01/

Vincent Francey

Il voulait,

(mais moi, je ne voulais pas)

Vincent Francey

La mise en voix, jadis, c’était une raclée dans le cou et un verre de vin blanc. Aujourd’hui, il faut faire le poirier, agiter les bras et les oreilles en avant en arrière à gauche à droite en haut en bas de travers de bizingue, faire vibrer le larynx et les amygdales de sa voisine, se secouer la luette et le diaphragme la bouche en cul de poule en invoquant la sainteté du petit Nicolas, sa majesté Sarko qui sauvera la France à la fin des temps, faire l’essuie-glace avec sa salive, mailler sa…

Vincent Francey

Unzen zen ? Unzen érupte, Unzen crache, Unzen dragonne, Unzen brûle, Unzen fume, Unzen arde, Unzen pas zen. Unzen dort. Méfiez-vous du volcan qui dort. Unzen prépare un sale coup. Unzen ronchonne, Unzen bouillonne, Unzen chauffe, Unzen complote, Unzen lisse sa lame d'Unzen samouraï, Unzen shogun, Unzen bushido, Unzen kamikaze, Unzen se venge, Unzen détruit, Unzen atomise, Unzen apocalypse, Unzen seul, il ne reste plus qu'Unzen et la mer du Japon, il n'y a plus de Japon, il y a Unzen et la mer,…

Vincent Francey

Voici mon journal recalé du 30 juin 2019, où il est question d'évaluation à l'heure où se termine la saison des examens.

Viincent Francey

Il était une fois…

Le comptoir invite au conte.

C’est un contoir.

Un conte-voir.

Il était une fois un homme et une femme qui se caressaient les mains. Ils vivaient heureux et n’avaient pas d’enfants. Ils étaient l’un à l’autre leur propre enfant et se racontaient des histoires simples, se disaient « le temps passe », s’en amusaient, précisaient leur pensée : « Le temps passe comme les trains. »

Il était une fois deux femmes silencieuses qui fixaient le vide et se chuchotaient des…

Le réchauffement climatique étant inéluctable et ses conséquences catastrophiques, il est urgent d’agir. Le constat est évident, mais comment faire ? La tâche n’est-elle pas colossale ? Peut-on faire autre chose que ralentir l’effondrement ? Edi Buchter propose rien moins que reverdir le Sahara. Est-ce réaliste ? En la situation actuelle, évidemment non, mais il se prend à rêver une communauté internationale qui en serait vraiment une et qui prendrait le taureau par les cornes afin de créer un…

Vincent Francey

Quand le ciel hésite entre orage et soleil, la terre crie ses couleurs les plus vives pour balayer de sa vue les trop sombres nuages. Mais le noir toujours dévore le vert. Ce sera bientôt le merveilleux parfum de la pluie sur le bitume. Vite, rentrons chez nous au pas de course, mais d’abord, on pourrait jouer aux gargouilles, si on se souvient des règles.

Vincent Francey

- Oui, c’est probable.

- Mais est-ce certain ?

- Probablement.

- Soit c’est certain, soit c’est probable.

- Sans doute.

- Alors, est-ce probable ou est-ce certain ?

- Certainement probable.

- C’est-à-dire ?

- Probablement certain.

- Mais est-ce davantage probable ou davantage certain ?

- C’est probablement davantage certain.

- C’est-à-dire ?

- Certainement davantage probable.

- Donc vous n’en savez rien ?

- C’est probable.

- C’est certain.

Vincent Francey

Cela semble si loin. De la voix – grave – du texte – riche – du sens. Déjà jadis on coupait du bois. Déjà jadis on assassinait la campagne. Déjà jadis pleurait la terre. Déjà jadis on vivait. Déjà jadis il y avait cet essoufflement. Déjà jadis on buvait. Aujourd’hui, le souvenir sombre de Colette Magny s’efface. La force de sa voix noire se meurt à notre mémoire comme se meurent ces vieux pliés en deux sur les cannes de bois qui ont remplacé tous les arbres, sauf les sapins, qu’on a gardés pour…

Vincent Francey

Fagot est devenu un mot de derrière les fagots, une rareté qu’on cache aux abrutis pour mieux en profiter entre gens de bonne compagnie, en sirotant une bouteille de bérudge dont vous me direz des nouvelles. La bérudge ? C’est une spécialité locale qu’on refuse de vendre aux touristes du langage qui souillent les mots les plus rustiques de leurs anglicismes assassins. Mais revenons au fagot : le fagot tient chaud au cœur, il brûle à petit feu, gentiment, sans pétrole et sans stress. On est allé…

Vincent Francey

Désordre à la Fellini, discipline chez Foucault. Des gens sont éparpillés, assis par terre, couchés les uns sur les autres, des petits, des grosses, des hippies, des ouvriers et des cardinaux. D’autres sont enfermés dans des cellules froides, surveillés jour et nuit par l’œil invisible, seuls jusqu’à ce qu’ils changent. Seuls jusqu’à jamais. Abandonnés comme des Grecs. Il faudrait retrouver ce désordre à la Fellini, cesser de raconter des histoires à dormir en tôle, saisir au hasard de belles…

Vincent Francey

Fleurs en self-cueillette : suicide assisté.

******

Vincent Francey

Tragédie, incantation, passion, que sont ces mots sous la croix ? Qui es-tu, larron maraudeur de fruits mûrs ? Es-tu le bon, es-tu la brute, es-tu le truand ? Et qui sont ces vieillards et ces femmes qui te parlent ? Pourquoi te disent-ils ces mots entourloupés ? Que cherchent-ils au chevet de ton gibet ? Les voix se mêlent et se démêlent en une transe morbide, les voix te savent mourant mais n’en babillent pas moins, les voix savantes rivalisent à dire l’indicible. Il faudrait dire la mort,…

Vincent Francey

Improvisation musicale et poétique après le cortège du giron des musiques de la Broye.

Vincent Francey

Des montagnes

(pourtant, que la montagne est belle !)

Vincent Francey

Les voix se fondent les unes dans les autres. Quelques rires. Des hommes sombres parlent entre eux. Que disent les voix ? Elles passent le temps, les voix, elles prononcent des sons qui sont à peine des mots, elles créent une musique de fond monotone ponctuée de bribes de sens : reprends voir le volant, y’a de tout, cuisiner les enfants un moment, les familles sont les bienvenues, t’as vu ? Ni vu ni connu ni entendu. Juste une bouillie de voix concassées.

Vincent Francey

Humaniste et dramaturge écossais, dit Robert. Traduction : le drame, c'est de devoir payer l'addition mais de le faire quand même, par humanisme. Radins, les Scottish ? Humains. Trop humains. George a bien proposé de payer le tout en panse de brebis farcie, mais ça n'a pas convaincu en haut lieu. Il en a profité pour voter contre le Brexit, juste pour emmerder les Anglais. L'humanisme a ses limites.

Vincent Francey

Peut-on chiffrer la musique ? De manière plus générale, que signifient les classements, les points, les notes, les chiffres en tout genre qui nous catégorisent ? Quels sont les mots derrière les chiffres ? Brève réflexion pour donner du sens à une déception.

Vincent Francey

Les murs sont capitonnés comme dans les asiles de fous au cinéma. Tout semble dater d’un jadis imprécis et usé, d’une époque bénie où le septième art était roi. On se croirait presque dans un train mythologique, quelque Orient-Express reconfiguré, concaténé, à l’arrêt dans une gare autour de laquelle nulle ville ne fut construite sinon en carton-pâte pour un film avec Humphrey Bogart, Omar Sharif et Audrey Hepburn.

Derrière le vieux comptoir se mijote quelque drame. Une matrone latine explique…

Vincent Francey

Lire Dada, comme écrire Dada, ouvre un instant la braguette cervelière. Picabia parle aux jeunes filles. C’est donc à moi qu’il s’adresse, puisque quand Picabia parle, il parle aussi son contraire. Que me dit-il ? Il ne me dit rien qui vaille, il dégomme autorités, arts, famille, religion, patati, patata, il déverrouille toutes les ceintures de chasteté. De temps en temps un éclat de rire surgit, puis cela semble de la plus haute importance, puis c’est à nouveau ailleurs. Etre Dada, c’est être…

Vincent Francey

Quand deux éléphanteaux vont à la plage, le premier qui tombe à l'eau éclabousse l'autre très fort. C'est pourquoi les deux éléphanteaux restent sur le sable, tandis que les crocodiles à l'affût restent sur leur faim.

Vincent Francey

Une petite silhouette venait de jaillir du couloir, derrière Mrs O’Rourke. Je ne reconnus pas immédiatement sa fille Janet, qui se précipita dans les jupes de sa mère.

- Janet, voyons, tu n’as pas vu qu’il y avait un monsieur ?

- Si maman, j’ai vu, est-ce que c’est un vilain monsieur ?

- Janet, voyons !

La fillette me dévisagea.

- Est-ce que tu fais dodo avec ma maman, monsieur ?

- Janet, voyons ! Excusez-la, monsieur O’Sandoy, elle ne sait pas ce qu’elle dit.

- Parce que monsieur…

Vincent Francey

L’amour est égoïste. Il rêve dans son lit. Il attend. La vie d’artiste ? Demain. Des destins se brisent en délires sans génie. Le piano obsédant n’a plus que des touches noires. Il s’en fout, le pianiste, il joue. Et elle, elle reste là. Morte.

Vincent Francey

Si j’écris ici que je renonce à écrire sur le mot renoncer, c’est forcément que je n’y renonce pas, puisque renoncer à renoncer, ce n’est déjà plus renoncer. Et si vous cherchez à comprendre pourquoi je renonce à renoncer à renoncer, il vaut mieux renoncer.

Vincent Francey

L’Europe se suisside : elle devient suisse. Elle joue au hérisson, elle se planque dans les abris antiatomiques de son réduit communautaire, elle a le même ennemi que nous : le pauvre. La Grèce crève sous le poids de l’austérité ? Elle ne crève pas encore assez, enfonçons le clou en jouant aux bons Allemands rigides. Une Europe où l’Allemagne impose sa force réveille de mauvais souvenirs. On sait l’histoire : elle ne se répète pas mais elle marque. On n’a pas oublié, en Grèce, l’occupation…

Vincent Francey

Lire : SNACK CHEZ ILJAZ Cabinet Dentaire Suzanne Thoma Bacsinsky Route du Tivoli Trésors Domicim amplifon les experts de l'audition STOP France Boutique En cas d'enneigement Dany-Fleurs En cas d'enneigement 3 places K kiosk Jouez! PMU 3x tpf Picasso Oclaire Coup d'Pouce Vaudoise CHF Banque Cantonale 4x4 Ranger.

******

Vincent Francey

Aujourd’hui, il n’y a plus de baladins : pas de temps pour les baladins. Il n’y a plus d’huis aujourd’hui. Il n’y a plus de villages non plus. Et les enfants ? Ils s’ennuient, pas seulement le dimanche, ils s’ennuient jour et nuit et ils ne savent pas ce que ça veut dire, saltimbanques, ils ne comprennent que la fin : les enfants, la semaine, sont banquiers. Sale temps pour les saltimbanques. L’ours et le singe sont sans le sou. Les enfants leur ont tout volé. Seuls sont restés, imperturbables,…

Vincent Francey

De l'Amérique latine

(mon jardin : pour les mauvaises herbes, rien de mieux que Roundup, tweete le Donald.)

Vincent Francey

En marche d’un pas décidé dans ces couloirs que d’autres ont tracés jadis, j’entends vaguement des voix autour de moi. Ce qu’elles disent ? Qu’importe, je suis en marche, je me racle la gorge pour mon prochain meeting, je suis en marche parce que c'est mon projet, je suis en marche vers le bout du couloir, vers la lumière, vers la Révolution, vers… non, les voix n'ont pas dit vers la mort. Elles ont dit quoi ? Qu’importe, je suis en marche, elles sont en marche, nous sommes en marche, nous…

Vincent Francey

Soit il ne lit pas.

A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.

Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.