Blog suisse de littérature

Bienvenue sur lie tes ratures

Bienvenue sur lie tes ratures, le blog de mes expérimentation littéraires, où vous pourrez notamment feuilleter mon carnet de bribes et de réflexions diverses, mon album de photos prises à heure fixe, mes pérégrinations diverses ainsi que les livres qui m'inspirent.

 

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Vincent Francey

Voici mon journal recalé du 30 juin 2019, où il est question d'évaluation à l'heure où se termine la saison des examens.

Viincent Francey

Il était une fois…

Le comptoir invite au conte.

C’est un contoir.

Un conte-voir.

Il était une fois un homme et une femme qui se caressaient les mains. Ils vivaient heureux et n’avaient pas d’enfants. Ils étaient l’un à l’autre leur propre enfant et se racontaient des histoires simples, se disaient « le temps passe », s’en amusaient, précisaient leur pensée : « Le temps passe comme les trains. »

Il était une fois deux femmes silencieuses qui fixaient le vide et se chuchotaient des…

Le réchauffement climatique étant inéluctable et ses conséquences catastrophiques, il est urgent d’agir. Le constat est évident, mais comment faire ? La tâche n’est-elle pas colossale ? Peut-on faire autre chose que ralentir l’effondrement ? Edi Buchter propose rien moins que reverdir le Sahara. Est-ce réaliste ? En la situation actuelle, évidemment non, mais il se prend à rêver une communauté internationale qui en serait vraiment une et qui prendrait le taureau par les cornes afin de créer un…

Vincent Francey

Quand le ciel hésite entre orage et soleil, la terre crie ses couleurs les plus vives pour balayer de sa vue les trop sombres nuages. Mais le noir toujours dévore le vert. Ce sera bientôt le merveilleux parfum de la pluie sur le bitume. Vite, rentrons chez nous au pas de course, mais d’abord, on pourrait jouer aux gargouilles, si on se souvient des règles.

Vincent Francey

- Oui, c’est probable.

- Mais est-ce certain ?

- Probablement.

- Soit c’est certain, soit c’est probable.

- Sans doute.

- Alors, est-ce probable ou est-ce certain ?

- Certainement probable.

- C’est-à-dire ?

- Probablement certain.

- Mais est-ce davantage probable ou davantage certain ?

- C’est probablement davantage certain.

- C’est-à-dire ?

- Certainement davantage probable.

- Donc vous n’en savez rien ?

- C’est probable.

- C’est certain.

Vincent Francey

Cela semble si loin. De la voix – grave – du texte – riche – du sens. Déjà jadis on coupait du bois. Déjà jadis on assassinait la campagne. Déjà jadis pleurait la terre. Déjà jadis on vivait. Déjà jadis il y avait cet essoufflement. Déjà jadis on buvait. Aujourd’hui, le souvenir sombre de Colette Magny s’efface. La force de sa voix noire se meurt à notre mémoire comme se meurent ces vieux pliés en deux sur les cannes de bois qui ont remplacé tous les arbres, sauf les sapins, qu’on a gardés pour…

Vincent Francey

Fagot est devenu un mot de derrière les fagots, une rareté qu’on cache aux abrutis pour mieux en profiter entre gens de bonne compagnie, en sirotant une bouteille de bérudge dont vous me direz des nouvelles. La bérudge ? C’est une spécialité locale qu’on refuse de vendre aux touristes du langage qui souillent les mots les plus rustiques de leurs anglicismes assassins. Mais revenons au fagot : le fagot tient chaud au cœur, il brûle à petit feu, gentiment, sans pétrole et sans stress. On est allé…

Vincent Francey

Désordre à la Fellini, discipline chez Foucault. Des gens sont éparpillés, assis par terre, couchés les uns sur les autres, des petits, des grosses, des hippies, des ouvriers et des cardinaux. D’autres sont enfermés dans des cellules froides, surveillés jour et nuit par l’œil invisible, seuls jusqu’à ce qu’ils changent. Seuls jusqu’à jamais. Abandonnés comme des Grecs. Il faudrait retrouver ce désordre à la Fellini, cesser de raconter des histoires à dormir en tôle, saisir au hasard de belles…

Vincent Francey

Fleurs en self-cueillette : suicide assisté.

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Vincent Francey

Tragédie, incantation, passion, que sont ces mots sous la croix ? Qui es-tu, larron maraudeur de fruits mûrs ? Es-tu le bon, es-tu la brute, es-tu le truand ? Et qui sont ces vieillards et ces femmes qui te parlent ? Pourquoi te disent-ils ces mots entourloupés ? Que cherchent-ils au chevet de ton gibet ? Les voix se mêlent et se démêlent en une transe morbide, les voix te savent mourant mais n’en babillent pas moins, les voix savantes rivalisent à dire l’indicible. Il faudrait dire la mort,…

Vincent Francey

Improvisation musicale et poétique après le cortège du giron des musiques de la Broye.

Vincent Francey

Des montagnes

(pourtant, que la montagne est belle !)

Vincent Francey

Les voix se fondent les unes dans les autres. Quelques rires. Des hommes sombres parlent entre eux. Que disent les voix ? Elles passent le temps, les voix, elles prononcent des sons qui sont à peine des mots, elles créent une musique de fond monotone ponctuée de bribes de sens : reprends voir le volant, y’a de tout, cuisiner les enfants un moment, les familles sont les bienvenues, t’as vu ? Ni vu ni connu ni entendu. Juste une bouillie de voix concassées.

Vincent Francey

Humaniste et dramaturge écossais, dit Robert. Traduction : le drame, c'est de devoir payer l'addition mais de le faire quand même, par humanisme. Radins, les Scottish ? Humains. Trop humains. George a bien proposé de payer le tout en panse de brebis farcie, mais ça n'a pas convaincu en haut lieu. Il en a profité pour voter contre le Brexit, juste pour emmerder les Anglais. L'humanisme a ses limites.

Vincent Francey

Peut-on chiffrer la musique ? De manière plus générale, que signifient les classements, les points, les notes, les chiffres en tout genre qui nous catégorisent ? Quels sont les mots derrière les chiffres ? Brève réflexion pour donner du sens à une déception.

Vincent Francey

Les murs sont capitonnés comme dans les asiles de fous au cinéma. Tout semble dater d’un jadis imprécis et usé, d’une époque bénie où le septième art était roi. On se croirait presque dans un train mythologique, quelque Orient-Express reconfiguré, concaténé, à l’arrêt dans une gare autour de laquelle nulle ville ne fut construite sinon en carton-pâte pour un film avec Humphrey Bogart, Omar Sharif et Audrey Hepburn.

Derrière le vieux comptoir se mijote quelque drame. Une matrone latine explique…

Vincent Francey

Lire Dada, comme écrire Dada, ouvre un instant la braguette cervelière. Picabia parle aux jeunes filles. C’est donc à moi qu’il s’adresse, puisque quand Picabia parle, il parle aussi son contraire. Que me dit-il ? Il ne me dit rien qui vaille, il dégomme autorités, arts, famille, religion, patati, patata, il déverrouille toutes les ceintures de chasteté. De temps en temps un éclat de rire surgit, puis cela semble de la plus haute importance, puis c’est à nouveau ailleurs. Etre Dada, c’est être…

Vincent Francey

Quand deux éléphanteaux vont à la plage, le premier qui tombe à l'eau éclabousse l'autre très fort. C'est pourquoi les deux éléphanteaux restent sur le sable, tandis que les crocodiles à l'affût restent sur leur faim.

Vincent Francey

Une petite silhouette venait de jaillir du couloir, derrière Mrs O’Rourke. Je ne reconnus pas immédiatement sa fille Janet, qui se précipita dans les jupes de sa mère.

- Janet, voyons, tu n’as pas vu qu’il y avait un monsieur ?

- Si maman, j’ai vu, est-ce que c’est un vilain monsieur ?

- Janet, voyons !

La fillette me dévisagea.

- Est-ce que tu fais dodo avec ma maman, monsieur ?

- Janet, voyons ! Excusez-la, monsieur O’Sandoy, elle ne sait pas ce qu’elle dit.

- Parce que monsieur…

Vincent Francey

L’amour est égoïste. Il rêve dans son lit. Il attend. La vie d’artiste ? Demain. Des destins se brisent en délires sans génie. Le piano obsédant n’a plus que des touches noires. Il s’en fout, le pianiste, il joue. Et elle, elle reste là. Morte.

Vincent Francey

Si j’écris ici que je renonce à écrire sur le mot renoncer, c’est forcément que je n’y renonce pas, puisque renoncer à renoncer, ce n’est déjà plus renoncer. Et si vous cherchez à comprendre pourquoi je renonce à renoncer à renoncer, il vaut mieux renoncer.

Vincent Francey

L’Europe se suisside : elle devient suisse. Elle joue au hérisson, elle se planque dans les abris antiatomiques de son réduit communautaire, elle a le même ennemi que nous : le pauvre. La Grèce crève sous le poids de l’austérité ? Elle ne crève pas encore assez, enfonçons le clou en jouant aux bons Allemands rigides. Une Europe où l’Allemagne impose sa force réveille de mauvais souvenirs. On sait l’histoire : elle ne se répète pas mais elle marque. On n’a pas oublié, en Grèce, l’occupation…

Vincent Francey

Lire : SNACK CHEZ ILJAZ Cabinet Dentaire Suzanne Thoma Bacsinsky Route du Tivoli Trésors Domicim amplifon les experts de l'audition STOP France Boutique En cas d'enneigement Dany-Fleurs En cas d'enneigement 3 places K kiosk Jouez! PMU 3x tpf Picasso Oclaire Coup d'Pouce Vaudoise CHF Banque Cantonale 4x4 Ranger.

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Vincent Francey

Aujourd’hui, il n’y a plus de baladins : pas de temps pour les baladins. Il n’y a plus d’huis aujourd’hui. Il n’y a plus de villages non plus. Et les enfants ? Ils s’ennuient, pas seulement le dimanche, ils s’ennuient jour et nuit et ils ne savent pas ce que ça veut dire, saltimbanques, ils ne comprennent que la fin : les enfants, la semaine, sont banquiers. Sale temps pour les saltimbanques. L’ours et le singe sont sans le sou. Les enfants leur ont tout volé. Seuls sont restés, imperturbables,…

Vincent Francey

De l'Amérique latine

(mon jardin : pour les mauvaises herbes, rien de mieux que Roundup, tweete le Donald.)

Vincent Francey

En marche d’un pas décidé dans ces couloirs que d’autres ont tracés jadis, j’entends vaguement des voix autour de moi. Ce qu’elles disent ? Qu’importe, je suis en marche, je me racle la gorge pour mon prochain meeting, je suis en marche parce que c'est mon projet, je suis en marche vers le bout du couloir, vers la lumière, vers la Révolution, vers… non, les voix n'ont pas dit vers la mort. Elles ont dit quoi ? Qu’importe, je suis en marche, elles sont en marche, nous sommes en marche, nous…

Vincent Francey

Soit il ne lit pas.

Vincent Francey

Voici quelques images et surtout quelques sons volés lors du 98ème Giron des Musiques broyardes à Corcelles-près-Payerne, que j'ai passé en compagnie de mes amis de la Concorde de Montagny-Cousset.

Vincent Francey

A l’entrée, il est écrit viennoiseries. Sur le mur, des dorures impériales vous téléportent dans le Café Central au temps de Sissi et de la polka. Un synthétiseur et une voix débraillée viennent tout gâcher. La statue de Johann Strauss, le château de Schönbrun et les larges avenues de la capitale austro-hongroise semblent soudain bien loin. Ici, on choppe au passage quelques allusions au patrimoine, on les brasse et on les tire au sort afin que vos courses prennent un vague air de voyage.…

Vincent Francey

Lire peut changer la vie. La formule est banale, elle n’en est pas moins vraie. Un jeune homme pratique l’insupportable métier de destructeur de livres. Pour se venger, il lit des pages récupérées sous les dents de l’ignoble Zerstor, la machine à assassiner les livres et à couper les jambes. Il ne les lit pas dans son lit, comme tout un chacun, il les lit dans le RER, le matin, à haute voix, devant un public conquis qui lui fait oublier qu’il n’a pour compagnon qu’un poisson rouge, le quatrième,…

Vincent Francey

La lumière au bout du couloir, parfois, ce ne sont que les phares d'une voiture.

Vincent Francey

- Mais si, dit tranquillement Lewis Serrocold.

- Mais non, lui répondit tranquillement Nelson Withepoole.

Ils se turent pendant deux heures.

- Puisque je vous dis que si, dit tranquillement Lewis Serrocold.

- Puisque je vous dis que non, lui répondit tranquillement Nelson Withepoole.

Ils se turent pendant quatre heures.

- Vous êtes décidément chaffouin, monsieur Withepoole, dit tranquillement Lewis Serrocold.

- Vous êtes comme un chat, monsieur Serrocold, bête à bouffer du foin, lui…

Vincent Francey

Le blues et le boogie se figent et se répètent. Ils donnent naissance au rock’n’roll, qui est une mécanique obsessionnelle, un battement de cœur à chamade constante, une automobile qui dévale sans frein une descente escarpée. Pas question de prendre le moindre repos. Il faut continuer à avancer, sans fin, toujours avec la même énergie, sinon tu crèves, sinon tu te plantes dans les peupliers, sinon elle se met à pleurer.

Vincent Francey

Tirer un trait sur le ciel ou tirer un trait vers le ciel ? Ce qui est certain, c’est que jamais nous ne le toucherons. Nous tendrons vers lui à l’infini : il sera toujours aussi loin. On croira le frôler : ce ne sera rien. Au fond, tirer un trait sur et vers le ciel, ça revient tangentiellement au même, c’est-à-dire que ça ne revient pas, ça ne fait que partir, tout en restant immobile. En un point pourtant, en un seul point, il se pourrait que toucher le ciel soit possible. Dieu, s’il existe,…

Vincent Francey

Grimper des montagnes. Les jambes durcissent. Elles veulent imiter les pierres. Au sommet, le vin doux et le nom des vanils me reposent. On oublie tout et on se dit, comme ça, sans réfléchir, au plus près de la réalité, que c’est beau, juste ça, c’est beau, et on regarde. Il faudrait, pour écrire ce que fait naître au corps usé et à l’esprit vide la contemplation et l’épreuve de la montagne, des mots rocailleux, des phrases sèches et rudes, un rythme lent, irrégulier, léger jusque dans sa…

Vincent Francey

Requiem aeternam : une planche vole dans le ciel, suspendue à une chaîne.

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Vincent Francey

Les légendes anciennes frôlées par la poésie moderne réinventent leur aura de mystère. Merlin se réenchante dans la magie d'Apollinaire. Le récit si répété semble nouveau. Qui est cette vieille femme ? Qu'annonce sa venue ? Que sont les amants devenus ? Savez-vous, Viviane, que je vous aime ? La légende sans mémoire, la légende sans fil et sans fils, la légende enveloppée dans des rythmes inédits, la légende multiple se multiplie un fois de plus. Merlin réenchante son chant. Viviane se ravive.…

Vincent Francey

Je roulais : vidéo-poème aux teintes vintage réalisé en voiture entre Heitenried et Schwarzenburg, entre les cantons de Fribourg et de Berne, avec en musique de fond Body and Soul par John Coltrane au saxophone.

Vincent Francey

Mais je repose ici,

(et je reposerai ailleurs et je reposerai partout et je reposerai toujours et je ne me reposerai jamais avant de la reposer jusqu’à la fin des temps et je la reposerai jusqu’à ce qu’elle survienne enfin)

Vincent Francey

De quoi parlent-ils ? Qui sont ces gens ? Ma vie de qui ? Il y a un livre, semble-t-il. C'est compliqué, mais c'est correct, comme ça doit être. Qu’est-ce que c’est que ce bruit ? Vous l’avez lu, vous, le livre en question ? Est-ce que c’est vraiment comme ça que ça doit être ? Ces gens n'ont pas l'air jeunes. Ils sont où ? Quel est cet accent ? Vous avez une liste, vous ? Il y a une liste ? Quelle liste ? Elle est où, la liste ? Et pourquoi ces frottements ? Est-ce qu’il y en a encore ? Encore…

A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.

Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.