Blog suisse de littérature

Bienvenue sur lie tes ratures

Bienvenue sur lie tes ratures, le blog de mes expérimentation littéraires, où vous pourrez notamment feuilleter mon carnet de bribes et de réflexions diverses, mon album de photos prises à heure fixe, mes pérégrinations diverses ainsi que les livres qui m'inspirent.

 

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Vincent Francey

Il faudrait, se sont-ils dit, recréer le jardin d’antan, vous savez, celui du paradis, celui d’Adam, celui d’Eve née de sa côte, celui du serpent tentateur, du pommier et du tournesol, celui d’un temps sans mauvaises herbes ni mauvaises graines, vous savez, l’époque des barbus à vélo et des chevelus nonchalants. Vous vous souvenez, c’était avant l’anthropocène, avant la fission nucléaire, avant le capitalisme carnassier. Dans un premier temps, rêvent-ils, il faudrait que les gens restent…

Vincent Francey

Voici quelques réflexions sur mes lectures du moment, où il est notamment question de femmes et de silence dans les livres suivants (ci-dessous minutés) :

1:19 Georges Perec, W ou le Souvenir d'enfance, Éditions Denoël, 1975

8:12 Michelle Perrot, Les femmes ou les silences de l'histoire, Flammarion, 1998

11:31 Gustave Flaubert, Madame Bovary, Le livre de poche, 1961 (première édition en 1857)

13:35 Peter Sloterdijk, Bulles, Sphères I, 1998 (traduction d’Olivier Mannoni, Librairie Arthème…

Vincent Francey

Le bonnet bleu – est-ce un bleu bonnet ? – c’est pour jouer qu’il fait froid, mais ici tout est chaleureux, les sourires comme les portes, et la cohue et les chaises vides et tout fond sous le soleil d’Afrique. Ce qui demeure ce sont vastes touffes, demi-visages, ombres d’enfants heureuses – les ombres – d’enfin sortir au grand air par le toit entrouvert sur la récréation où l’on jouera qu’on joue dans la neige.

Vincent Francey

Failloubaz se rendit alors à Paris chez le représentant de Santos-Dumont. L’envol d’Avenches ne se fit pas sans peine. La Demoiselle semblait réticente : qui était ce Santos-Dumont ? Grandjean qui la trifouillait afin qu’Ernest pût l’enfourcher sans anicroche fit semblant de n'avoir rien entendu. Est-ce que c’était un Argentin ou un Picard ? peut-être un Catalan ? un Savoyard ? Qu’importe, lui finit par lui répondre René, c’est à Paris qu’il vit et toi et Failloubaz, vous allez voler jusqu’à…

Vincent Francey

Les héros flapis avancent à pas de saucisson sur un sol mou, ils glissent mais tomberont-ils ? Ils se casseront la margoulette sur une horde d’insectes lents. Tir au laser : les bestiaules excitées s’envolent en fumette. Dirait-on qu’elles meurent à petit feu follet ? Marche funèbre, macabre espérance, tu peux reprendre la quête du gras. Game à moitié over, tout au long du monde à l’envers clignotent des clarinettes violettes.

Vincent Francey

– Avec, est-ce que c’est bio ? – Biochimique, répondent les savants. – Sans, est-ce que c’est bon ? – Difficile, répondent-ils. – J’ai vécu trente-sept ans en ignorant ce qu’était le diphényle, est-ce que c’est grave docteur ? – Êtes-vous un citron ? – Je l’ignore. – Si vous l’êtes, vous êtes bio. – Est-ce que c’est beau pour un citron d’être bio ? – Je l’ignore. – Et si je ne suis pas un citron, c’est bon quand même ? – Difficile à dire : est-ce que vous vous trouvez beau ? – Je l’ignore. –…

Vincent Francey

Le lundi de bénichon digère. Il a mal au dos. Il bâille. Je me suis senti de la campagne le temps d’un week-end. J’ai revu Ducrot, le crâne toujours plus lisse, Pompon, fidèle à lui-même, plus paysan que jamais, quelques filles qui se pâment – il en existe encore – devant Patrick Bruel et en fin de soirée Petit Dougoud. Il y avait aussi A. Comme un fantôme. On fait comme si. Invisible. Toujours timide. Jolie. J’étais fou. La Suze, bien sûr, à flots, descendre par le Rio, café noir, les enfants…

Vincent Francey

La solitude n’est supportable qu’en forêt.

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Chant de chute d’eau et de coucou parmi ce qui pépie.

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Anémones, primevères, pâquerettes, c’est la saison où tu sais le nom des fleurs.

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Graver dans la molasse des signes d’absence qui nous survivront.

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Cette envie de caresser la mousse aux souches des foyards.

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C’était le chemin de la marche de Tours. Je n’ai pas retrouvé les médailles en déménageant. Il y avait une ville par année. J’ai eu Rome, Madrid,…

Vincent Francey

Le jour où les fantômes se suicideront, ce sera un soir. Le jour où les fantômes se suicideront, ce sera une nuit, ce sera cette nuit métallique où tu n’auras plus tes yeux. Le jour où tu n’auras plus tes yeux, ce sera un soir et plus personne ne priera. Le jour où tu n’auras plus tes yeux, ce sera une nuit, ce sera la nuit, ce sera le noir. Ce jour-là n’abolira pas le hasard. Je te dirai : vois. Tu me diras : quoi ? Je te dirai : les oiseaux. Tu me répondras : galeux.

Vincent Francey

Petite vidéo du quotidien avec livres dans les cartons après le déménagement et la valse du Parrain de Nino Rota.

Vincent Francey

Les conditions atmosphériques étant au beau fixe selon les observations que nous effectuons en ce moment même en mettant le nez à la fenêtre et en découvrant à notre grande surprise un ciel d’un bleu merveilleusement laiteux, nous ne pouvons désormais plus douter du succès imminent de notre modeste entreprise, qui consiste, rappelons-le même si je pense que désormais tout le monde est au courant, à sortir enfin de notre terrier pour redécouvrir le vaste monde qui si longtemps nous a été interdit…

Vincent Francey

Dark Vador au Moyen-Âge, ça sentirait pas un peu l’arnaque ? Et d’abord est-ce que Moyen-Âge ça veut forcément dire Irlande ? Et puis vous ne trouvez pas ces violons un rien lancinants ? Pas terrible, vous dites ? Disons plutôt légèrement répétitifs. Très légèrement. Le Moyen-Âge, c’est quand même pas un millénaire de cette signoule ? Si, et c’était long, le Moyen-Âge – surtout vers la fin – et c’était soulant, surtout après des hectolitres d’hydromel. Soulant pas qu’un peu, vous dites ? Vous…

Vincent Francey

Que se passe-t-il en ce moment à Kamechliyé ? Ou peut-être faut-il écrire Qamichly ? Deux écritures, ce sont deux mondes, lesquels ? Je lis : ville de Syrie, à la frontière turque. La question revient : que se passe-t-il en ce moment à Kamechliyé ? Je lis : Erdogan ! Qu’est-ce qu’ils t’ont fait, ces enfants ? L’article – c’est le plus récent, semble-t-il – date du 11 octobre 2019. Les forces turques viennent de prendre la ville. La question revient : que se passe-t-il en ce moment à Kamechliyé ?…

Vincent Francey

Voici quelques réflexions à propos de l'écriture en période de coronavirus. Il y est question notamment du blog fribourgs.com, d'une des dernières phrase 2 page 78 et du spectacle Celsius (inscrivez-vous pour chanter sur celsius-2021.ch/).

Vincent Francey

En deux mois, t’es dans la caisse. Les ouvriers sont joyeux ce matin. Cancer foudroyant. Toi, t’as pas une pompeuse vibreuse ? Lui prêtera-t-il celle à ruban ? Vu le double-mètre et les stylos dans la poche, on peut lui faire confiance, il connaît le métier. Le plus compliqué, c’est encore de la nettoyer, non ? Le problème, c’est qu’elle devient dure. Mais en demi-heure, c’est bon. La scie circulaire aussi, ça marche bien. Avec une cloche de huitante, ça peut aller, mais des fois, il faut du…

Vincent Francey

Quelques mots à propos d'un livre qui fait du bien en période morose, La rumba du chat de Philippe Geluck, publié chez casterman en 2019.

Vincent Francey

Est-ce ici le Jardin d’Eden ? Sont-ce bien ces verdures tantôt taillées tantôt folles ? Est-ce ce remous léger des vaguelettes à la surface du lac ? Ces deux mamelons pointus, fermes et intouchables, ces montagnes nourricières coiffées de lait ouateux, sont-ce les seins de Lilith chatouillant le bleu du ciel ? Sur ce petit bateau de plaisance, est-ce Adam qui s’en va canoter ? Est-ce que cette chaleur raisonnable tempérée par la fraîcheur de l’eau ce ne serait pas le moment juste après le…

Vincent Francey

Le crépitage est un signe de bonheur. Le malheur en effet est décrépit, ce qui signifie à l’évidence que le crépit rend heureux. Crépitons donc en chœur ! Décrétons une journée mondiale du crépitage, barbouillons-nous de bulles de champagne et de peintures multicolores. Quoi ? Le mot crépitage n’existe pas ? Que me chantez-vous là ? Impossible. Me voilà précipité sur mon Petit Robert parallélépipédique – faute de roberts plus circulaires – et je n’y rencontre en effet que banale crépitation. Je…

Vincent Francey

Nés des temps prophétiques, cousins d’Eve et de Lucy, les quatre jubilants se dandinent aux plaisirs des routes d’éternité rieuse. Ils déconnent au cœur du ventre divin qui s’éclate. Nus comme des vers impairs à rimes embrassées, ils s’inventent des trompettes bouchonnées et des vins arcs-en-ciel mais ils ne goûtent qu’un seul mot surfin en guise d’amuse-bouche, le mot plaisir, saint plaisir sans fin, chanson sainte d’un plaisir qui se mange sans faim.

Vincent Francey

Le vadrouilleur va n’importe où au petit bonheur la chance. Il se retrouve ailleurs, là où le voyage organisé n’a pas eu l’idée de s’arrêter pour la vue, et il regarde, il photographie ce joli pont de bois ou cette friche industrielle, il dit bonjour à cette dame inconnue, il lit des noms mystérieux sur des panneaux routiers aux couleurs changeantes. La vie devrait être une grande vadrouille où des bonnes sœurs lancent des citrouilles sur des motards nazis. Souvent, elle fait du surplace, la…

Vincent Francey

Le 11 septembre. Date qui chaque année rappelle la naissance d’une époque sans sûreté. L’image revient. L’avion. Les tours. La poussière. La théorie du complot. Puis l’Irak envahi. Ben Laden. Madrid. Daech. Charlie. Le merdier. Et chaque année, le 11 septembre qui vient gâcher la bénichon. Dernière image de cours aujourd’hui : le canton d’Appenzel ressemble à un jambon. Une élève rigole. Elle est turque. Si seulement Ben Laden et ses sbires avaient connu la vraie bénichon des Arbognes, tout…

Vincent Francey

Quand l'ici devient ailleurs et l'ailleurs ici.

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Confiné à double.

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Les choses : encombrante carapace.

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Quel est le plus difficile ? Vider ou remplir ?

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La tête qui déménage déborde de cartons, de babioles, de paperasses, d'insomnies.

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Dans déménager, il y a nager. Impression de milieu d'océan. Dans déménager, il y a se noyer.

Vincent Francey

Ce printemps cet automne qui sait ce que cela signe, ce que cela signifie ? Nous voilà soumis aux chefs qui nous disent de rester dedans, qui nous disent de ne pas lever les yeux au ciel, qui disent non, ce n’est pas le printemps, c’est l’hiver. Mais les fleurs ? Déjà des fruits, bientôt des trognons. Mais les baisers ? Déjà des regrets, baisers interdits par décret des autorités compétentes. Mais les mains des amantes ? Pas touche sinon le monstre te jette au sol. Mais l’épouse ? Divorcée.…

Vincent Francey

Voici une petite vidéo de mon quotidien confiné dans un appartement que vais bientôt quitter.

 

Vincent Francey

On – qui était ce on puisque comme tout le monde je vivais confiné dans ma chambre avec interdiction de foutre un pied dehors sous peine de décapitation immédiate ? – m’arracha, avec une violence et une brusquerie si inouïes que je faillis succomber à l’instant même d’une crise cardiaque de mon cher, de mon merveilleux, de mon adorable, de mon fantastique, de mon douillet, de mon somptueux, de mon confortable, de mon nécessaire, de mon chaleureux, de mon adorable, de mon charmant, de mon…

Vincent Francey

Voilà l’appel des tambours, le cœur battu à froid, la musique qui se fait autrichienne – si loin de Mozart pourtant – et qui transforme en nazis jusqu’aux plus pacifiques des fêtards fribourgeois. N’entendez-vous pas dans ces rythmes barbares le tocsin qui sonne pour le pogrom ? N’entendez-vous pas derrière les Anton, Anton, Anton, des Adolf, Adolf, Adolf ? Ne sentez-vous pas poindre en vous le bras levé ? La musique, quand elle se vautre dans de tels cloaques, est un avant-goût de génocide.…

Vincent Francey

Petit pays d’Afrique, voilà ce que je sais de toi, Malawi, petit pays d’Afrique coincé entre des pays plus grands que toi, la Tanzanie, la Zambie, le Mozambique, petit pays d’Afrique si loin de mon petit pays d’Europe coincé entre des pays plus grand que lui, la France, l’Allemagne, l’Italie, petit pays d’Afrique, que de dire de toi qui ne serait pas clichés, habitations typiques (c’est la photo du dico), petites gens noyées de pauvreté, un lac qui a le même nom que toi, Malawi, petit pays…

Vincent Francey

Dans le quarantième épisode du vlog le journal recalé, voici quelques mots que j'avais à coeur de dire en cette période de lutte contre le coronavirus.

Vincent Francey

Option musique tente de lutter contre les renvois gazeux du réfrigérateur. Une dame de service range des tasses. Sinon, rien. Jour férié. Des bricelets maison, des tubes de colle UHU, des sucettes Chupa Chups, la voix d’Ema ou d’Amandine – Shazam hésite –, des poires jaunes à 3.50, des mugs à vache, un bras fripé où bout duquel gigote une patte à vaisselle, un client moustachu venu chercher son pain en calosse de bain, le reflet d’un cycliste qui pousse son vélo, d’autres clients hésitants,…

Vincent Francey

Dans le huitième épisode de mon journal vidéo des lectures du moment, il est question des livres suivants :

1:39 Peter Sloterdijk, Bulles, Sphères I, 1998 (traduction d’Olivier Mannoni, Librairie Arthème Fayard, 2002)

4:42 Georges Didi-Huberman, Aperçues, Les Éditions de Minuit, 2018

6:05 Georges Perec, Les Revenentes, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 2017 (première édition chez René Julliard en 1972)

9:07 Géraldine Schwarz, Les Amnésiques, Flammarion, 2017.

11:14 Patrick Deville,…

Vincent Francey

Aux pavés de Miséricorde, les façades du savoir font la haie d’honoris causa. Trois sapins sombres rêvent de percer les nuages. La terre, côté lettres, aux portes de l’histoire contemporaine, reste désespérément nue, à l’image des ces guerres mondiales dont jamais on ne se remet. Au loin, très loin, de l’autre côté de la route, quel est soudain ce sentiment de quelque chose jaune ? L’hivers se meurt-il déjà ? Le front penché sur nos poussiéreuses idées, nous n’avons pas vu le temps passer sur…

Vincent Francey

J’avançais donc chemin, quand tout à coup je me sentis obligé de rebrousser arrière ; car mon vénérable geôlier, et quelques dizaines d’archers de sa connaissance, qui l’avaient tiré des mains de la racaille, s’étant ameutés, patrouillant toute la ville pour me trouver, se rencontrèrent malheureusement sur mes voies.

– Ô mon gracieux hôte, me harangua-t-il avec vigueur, n’ayez donc telle frayeur ; mes acolytes et moi-même ne souhaitons que bienfaits et magnanime consolation à votre auguste…

Vincent Francey

Carmen, c’est l’Espagne rêvée : Séville, le soleil, l’amour, la liberté, la mort glorieuse du taureau dans l’arène, la Méditerranée, le rouge jupon d’une noiraude aux yeux de feu. Tout dans cette Espagne d’opéra se mue en passion. On s’y aime le couteau entre les dents et la rose au bout du fusil dans un éternel été 1936. Je songe à la langue résistante et heureuse de Pas pleurer, à la sécheresse des montagnes à bandits, à Sancho Pansa, à la victoire future de Podemos, aux grands d’Espagne, à…

Vincent Francey

Notre entreprise est une grande famille. Vous allez tellement vous y plaire que vous ne pourrez pas la quitter tous les soirs avant vingt-et-une heures, que vous y passerez vos dimanches après-midi, que vous penserez sans arrêt à sa productivité qui vous tient tellement à cœur. Ça, voyez-vous, c’est notre esprit d’entreprise, ce qui nous fait avancer dans la vie, ce qui nous fait voir le monde avec des lunettes nouvelles : tous ensemble dans de vastes open spaces, nous ferons du team building à…

Vincent Francey

Déménager, c’est jeter. C’est constater la puissance de la société de consommation, sa production sans fin de déchets. L’appartement, trop grand, s’est rempli de babioles inutiles qu’on garde parce qu’on ne sait pas trop où il faut les jeter dans la jungle des déchetteries. Partout pulullent de la paperasse, des photocopies en trop gardées pour (si) jamais, des factures payées voilà dix ans, des notes prises lors d’un cours oublié, des esquisses de poésies mal ficelées. Il y a aussi les habits…

Vincent Francey

Ultime refuge : la forêt

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Chants d'oiseaux et de moteurs : pas encore assez loin.

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Diminuer la rumeur de la civilisation, tendre vers la contemplation. Pourquoi faut-il une pandémie pour cela, si simple ?

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Un ticket de caisse sur un chemin et mes mains blessées d'être trop lavées.

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Plus personne pour se rendre compte que voilà bientôt le printemps.

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Passent deux vélos : chacun s'éparpille comme il peut.

Vincent Francey

Étrange sensation : lire l'ordinaire, le quotidien, le banal, le café refroidi, la fête du curé, à l'heure rare où se produit l'extraordinaire, à l'heure où l'on se demande si demain le beurre les tartines les mariages la cloche de l'église seront encore là, à l'heure où seule semble dans l'air du temps la mort du sacristain.

Vincent Francey

Vidéo-poème derrière les grillages du pont de Zaehringen à Fribourg.

Vincent Francey

Je ne vois pas ni ne devine ni ne pressent ni n’imagine, je ne pense pas, je ne respire pas, je suis à peine vivant, je suis bâti de ce bois de canot à la dérive, bois pourrissant à la morte saison, je suis né de cette vase informe, je suis sous-têtard, larve, je suis crachat, je dégoûte les êtres qui me piétinent, mais moi-même suis-je un être moi-même suis-je quelque chose sinon une voix surgie de l’étang, une voix cognée contre un mur, l’écho de l’écho d’un écho qui se heurte à la coque…

Vincent Francey

Pourquoi faut-il toujours faire la fête sur de mauvaises musiques ? Pire : sur de mauvaises musiques suisses allemandes. D’où vient cette malédiction ? Qu’avons-nous fait au bon Dieu pour nous réjouir d’entendre ceci ? Quel démon a-t-il transformé ces gens ordinaires, romands bon teint, travailleurs, gentils, raisonnables et perspicaces, en ours délirants, en lions sans royaume et en yodleurs frénétiques ? Peut-être avons-nous été conçus un samedi soir sur le canapé du salon face aux coups de…

A propos

Lie tes ratures, littérature, ce blog se veut l'atelier de mon écriture. J'y déverse en vrac des notes prises au jour le jour, l'expansion de ces notes en des textes plus élaborés, des réflexions et des délires, des définitions et des dérives, bref tout ce qui fait le quotidien d'un homme qui écrit, ici, en Suisse, ailleurs, dans mes rêves et à travers le monde qui m'entoure.

Bref, ce blog suisse de littérature partira dans des directions variées qui, je l'espère, sauront vous parler.